Fashion Week masculine : voyage sur la côte bretonne avec Fursac et ses pièces aux allures de marin

L’homme de la maison Fursac vogue sur les côtes de la Bretagne pour la nouvelle collection printemps-été 2024 de la marque, présentée jeudi 22 juin en pleine Fashion Week masculine.
Article rédigé par Yemcel Sadou
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 3 min
La nouvelle collection printemps-été 2024 de la maison Fursac présentée lors de la Fashion Week masculine de Paris (Maison Fursac)

Exit les défilés où déambulent les mannequins. La maison Fursac créée en 1973, présente différemment sa collection printemps-été 2024, ce jeudi 22 juin pour la Fashion Week masculine. Une enfilade de costumes bleus et gris rigoureusement alignés incarnent l’ancienne image ordonnée et stricte de la maison qui ne tarde pas à être renouvelée. Derrière une petite porte blanche, les nouvelles pièces Fursac défilent sur des écrans dans une salle carrée. La collection est dynamique et plus décontractée.

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Quand on lui demande qu’elle fût son intention avec cette nouvelle collection, Gauthier Borsarello, directeur de création de Fursac répond avec humour " Vendre plein de fringues !". Au-delà de l’aspect commercial, le créateur réussi à dépoussiérer avec génie la marque, complètement dans l’ère du temps. Au départ de sa création, la Bretagne dont Gauthier Borsarello est originaire. "Les bretons sont des humains extraordinaires. Je voulais fantasmer une vie bretonne et créer le personnage du Parisien qui va en Bretagne pour un mariage, des vacances ou juste flâner", explique le directeur de la maison Fursac.

Marin moderne

Derrière le sas d’entrée, la collection se dévoile dans une boutique éphémère ou les mannequins déambulent et se changent à leur guise dans les cabines d’essayage. On peut admirer et surtout toucher ces pièces d’une grande qualité. "Je fais très attention aux montages, aux thermocollants, à la qualité des boutons et du fil. Je suis un fou du détail et de la construction", précise Gauthier Borsarello.

La nouvelle collection printemps-été 2024 de la maison Fursac présentée lors de la Fashion Week masculine de Paris (Maison Fursac)

Les couleurs phares du vestiaire de marin habillent le lieu, avec des shorts ou des vareuses en toile brute bleu marine, des cirés rouges ou des pantalons blancs, mais aussi un surprenant costume citron. "J’ai créé un vestiaire complet, très décontracté. Il y a à la fois des vêtements pour travailler ou sortir à Paris. Il y a aussi ce que l’homme Fursac porte pour sortir chic en Bretagne ou faire de la voile."

Nouveau riche

Derrière cette collection peu audacieuse certes, mais remarquablement efficace et bien exécutée, on trouve en filigrane le parcours atypique de Gauthier Borsarello. "Je viens d’un milieu de paysans du fin fond de la forêt, mon grand-père ne parlait pas français. On est des bretons d’en bas. J’ai voulu leur rendre hommage avec des tissus bruts, non délavés", relate le jeune le directeur avec entrain.

"Je trouve qu’il y a un vrai mauvais goût breton répandu", poursuit-il. Un mauvais goût qui se transforme en terrain de jeu à moderniser. "Le plus beau dans la Bretagne c’est le côté très près du sol, rude avec beaucoup de vêtements de travail. C’est cette esthétique que j’adore." Le côté pratique et chic se retrouve dans chaque pièce, avec l’ajout de nombreuses poches zippées, de boutons pressions et des coupes contemporaines.

La nouvelle collection printemps-été 2024 de la maison Fursac présentée lors de la Fashion Week masculine de Paris (Maison Fursac)

Gauthier Borsarello préserve le chic et l’élégance de Fursac en se débarrassant de l’image du bourgeois plein de snobisme. "Je suis un nouveau riche et fier de l’être. Le nouvel argent est souvent pris de haut. Selon moi c’est le plus beau, il est généré par le travail. L’homme Fursac a choisi cette trajectoire. Il vient d’en bas et créé sa valeur. Il veut acquérir les codes d’une classe sociale qu’il ne connaît pas."

Des vêtements qui tiennent 20 ans

Au-delà de l’image modernisée du Bel-Ami, Gauthier Borsarello s’est intéressé à la manière dont les vêtements qu’il créé vont s’user, alors que les marques de fast-fashion multiplient leurs productions.  "Je collectionne le vêtement vintage, donc j’ai envie que mes vêtements deviennent vintage à leur tour et tiennent au moins 20 ans", espère le directeur de Fursac.

Il espère que les détenteurs de ces pièces les embarqueront à chaque étape de leur parcours : "Un vêtement c’est un vrai partenaire. Je veux que ceux qui achètent un jean, un pull ou un blazer Fursac l’aient pour la vie. Quand ils partent en Bretagne, je veux qu’ils se disent c’est ce vêtement là que je veux sur mes épaules", conclut Gauthier Borsarello. A la tête de la maison Fursac depuis deux ans, Gauthier Borsarello espère maintenir cette philosophie et renforcer la place de la marque sur le marché de la mode masculine.

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