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Fashion masculine printemps-été 2016 : les tendances en images

Article rédigé par franceinfo - Corinne Jeammet (avec AFP)
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Parmi les grandes tendances relevées pendant la fashion week, la présence du bomber -déjà en vogue depuis quelques saisons-, des imprimés à foison ainsi que des pièces sportswear dans le vestiaire masculin. Dans plusieurs maisons, des femmes étaient présentes dans les défilés masculins, de là à se poser la question d'un vestiaire partagé entre l'homme et la femme ! Le choc des images.

PATRICK KOVARIK / AFP

Chez Paul Smith, les hommes sont en costume mais rien de classique: pattes d'éléphant vermillon, slim accordéon ou pantalon jaune se portent avec des vestes croisées larges. Le créateur anglais s'amuse en semant de grosses fourmis noires sur un pantalon blanc ou des lapins sur un sac cabas. Sans oublier les boots : rock mais fraîches avec leur cuir aux couleurs primaires. Le créateur a souligné le diversité de son casting : "le thème  c'est l'indépendance d'esprit, dont il s'agit de 32 garçons différents qui viennent de nombreux pays, partout dans le monde, et beaucoup d'entre eux défilent pour la première fois", a-t-il dit après le défilé avant d'ajouter : "L'idée, c'est qu'on voie différentes couleurs de peau, différentes coiffures, différentes formes... Il n'y a pas de style particulier dans cette collection: "certaines silhouettes sont très amples, d'autres très skinny"
 (PATRICK KOVARIK / AFP)
Andrea Crews bouscule les codes en amenant une approche novatrice, créative et haut de gamme au streetwear. Le collectif propose des pièces recyclées et réinventées de manière artistique. Cette plateforme de talents est un précurseur qui organise des performances et expositions avant-gardiste dans l’espace publique. L'homme Andrea Crews est le fruit de la génération Karaté Kid : fasciné par les sports martiaux, il arbore les logos des clubs dans lesquels il s'entraîne. 
 (Corinne Jeammet)
Rynshu réalise une collection dont la palette de couleurs s'étale du rose pâle au noir extrême. Les couleurs délicates comme le rose et le lavande sont destinées à des foulards en soie ou en satin. Le rose électrique apporte une touche rock qui se traduit aussi par des effets bicolores ainsi que des pièces reversibles. Le designer japonais a mis en avant un cuir rare, Kurozan, appelé aussi diamant noir, qui n'est fabriqué que dans un seul endroit dans le monde au Japon. 
 (Remy de la Mauviniere/AP/SIPA)
Le collectif Études Studio est un studio basé entre Paris et New York, créé en 2012 par les artistes français Aurélien Arbet et Jérémie Egry. Dépassant le projet personnel de designer, il revendique sa pluridisciplinarité en allant de la mode à l’édition, en passant par la direction artistique. Dans l’air du temps, il porte un regard contemporain sur ce qui l’entoure et propose un nouveau lifestyle où la mode dialogue avec l’art. Après une série de boutiques au format pop-up stores à Paris et à New York, la marque s'est installée dans un espace permanent à Paris. La galerie-duplex abrite un espace de travail privé et un autre ouvert aux collections masculines saisonnières, aux collaborations exclusives et aux éditions de livres Études Studio. Le tout ponctué d'événements artistiques renouvelable. Cette saison, la collection s'intitule Up and Down Town.
 ("Les deux plateaux", Daniel Buren, sculpture in situ, 1985-1986, cour d'honneur du Palais-Royal, Paris ©DR/ADAGP)
Chez Issey Miyake, les oiseaux sont à l'honneur: le créateur japonais Yusuke Takahashi a emprunté à son compatriote photographe Yoshinori Mizutani ses perruches perchées sur des fils pour les imprimer sur des chemisettes aux couleurs vives et des débardeurs. Ces pièces sont portées sur des bermudas ou des pantacourts bouffants. Le créateur a trouvé l'inspiration à Tokyo et Mexico, deux capitales "où la nature se heurte à la ville à chaque coin de rue". Des images abstraites de Tokyo sont imprimées sur les shorts, sacs ou foulards. Tandis que l'influence de l'architecte mexicain Luis Barragán, "ses couleurs, ses structures simples" se reflètent dans les lignes fluides de vestes longues, parfois sans manches, ou de combinaisons fuchsia. De l'optimiste à revendre !
               
 (FRANCOIS GUILLOT / AFP)
Chez Yohji Yamamoto, la veste de costume, basique intemporel, se pose sur  un sarouel, pour une allure nonchalante. La silhouette peut se montrer plus structurée, avec des bandes jaune d'or qui descendent le long d'une manche ou un entrefilet blanc qui vient bordurer un revers, souligner une taille. Le Japonais tente aussi la veste coupée en deux : un buste noir sous des épaules éclaboussées de vermillon, une fantaisie que l'on retrouve au bas du pantalon. Autre option pour casser le côté classique du costume, le porter totalement fripé, comme rétréci. Une belle énergie toujours bien pensée. 
 (FRANCOIS GUILLOT / AFP)
  (FRANCOIS GUILLOT / AFP)
Le style de l'ado grunge américain de la fin des années 1980 revient en force chez Saint Laurent, qui a présenté un défilé mixte sur lequel planait le souvenir de Kurt Cobain. Les garçons ont des lunettes de soleil rondes à monture blanche évoquant celles du défunt leader de Nirvana, des pantalons skinny chers à Hedi Slimane ou des jeans déchirés, parfois d'épais gilets en maille. Plus chic, des vestes à paillettes et des foulards  donnent à la silhouette un côté glam-rock. Pour les filles, la robe légère est de rigueur, longue à volant ou courte à petites fleurs, avec des chaussures montantes à lacets d'où dépassent des socquettes. Une veste en cuir ou en jean complète le look.
 (PATRICK KOVARIK / AFP)
L'effet froissé, genre "papier crépon", domine le vestiaire de Julien David. Le trentenaire, qui habite à Tokyo, propose des silhouettes associant  pantacourts ou bermudas aux chemises, combinaisons et autres parkas. Les vêtements sont travaillés dans des matières  écologiques comme la laine, le coton ou le lyocell, la nouvelle fibre bio à la  mode.
 (PATRICK KOVARIK / AFP)
Chez Kenzo, on pratique le parachutisme, avec des sangles qui flottent au vent, des combinaisons militaires, des inscriptions "pull" sur des hauts.
 (PATRICK KOVARIK / AFP)
  (FRANCOIS GUILLOT / AFP)
Les 44 silhouettes ont arpenté le podium au son de "La Fête Noire", chanson du français Flavien Berger, qui donnait la tonalité du show. "C'est assez sombre et nocturne, ce n'est pas ambiance fleurs et plage", a commenté le Néerlandais Lucas Ossendrijver, chargé des collections homme de Lanvin, avec le D.A. Alber Elbaz. Les pantalons sont tantôt ajustés, tantôt plus amples à taille haute avec des vestes de costume légèrement oversize, des fils de couture volent depuis une veste sans manche ou un t-shirt. Les détails sont soignés et la palette fait la part belle au noir, marine, bordeaux, avec de subtils imprimés fauve. Alber Elbaz a expliqué avoir voulu un défilé "sans gimmick", qui ne soit "pas un vidéo clip", insistant sur le travail d'atelier et le savoir-faire à l'oeuvre. "Il s'agissait de prendre le confort du sportswear et le mêler au tailleur, prendre la légèreté du sportswear et des tissus qui respirent pour s'en servir dans des pantalons de costume", a-t-il résumé.
 (PATRICK KOVARIK / AFP)
Boris Bidjan Saberi poursuit une quête récurrente autour des qualités fonctionnelles de son vestiaire de prédilection, une garde-robe aux influences streetwear. Ces habituelles découpes anatomiques se voient redessinées. Les silhouettes sont parcourues par ces découpes aussi surprenantes que minutieuses, révélant un puzzle de textures et de trames. Si l’anatomie est au coeur du travail de coupe, ses matières se veulent organiques. Les chemises de popeline suivent les mouvements du corps, les cotons ont la main râpeuse, les vestes en cuir ont des tannages végétaux. On note la fonctionnalité de vestes et gilets aux doublures rétractables et amovibles. Les bleus de travail et combinaisons sont déclinés en une gamme colorée : noir, bleus “nucléaires”, gris et blancs cassés. 
 (PIXELFORMULA/SIPA)
Pour Y/Project, Glenn Martens a présenté une collection très urbaine qui se veut inspirée des cathédrales gothiques de Bruges, la ville natale du désigner belge formé à l'école d'Anvers. "La verticalité est le mot clé de la collection", a-t-il expliqué après le défilé qui comprenait aussi des modèles féminins. Sa conception de la "fluidité des genres" masculin/féminin est assez sobre.
 (PATRICK KOVARIK / AFP)
C'est comme à son habitude dans son QG parisien que la créatrice multidisciplinaire Agnès.b a convié la presse a découvrir une collection estivale fraîche et moderne ponctiuée par le passage de 6 silhouettes réalisées en collaboration avec Jérome Pierre pour des motifs s'inspirent de l'Art Génératif. Autre parenthèse trés réjouissante: l'arrivée de 3 danseurs de Hip Hop -Michele Falco, Leelu Wan et Martin Bacik. 
 (Agnès.b)
Défilé 22/4 Hommes prêt-à-porter masculin printemps-été 2016, à Paris
 (REX Shutterstock/SIPA)
La griffe australienne Strateas.Carlucci, née en 2012, est restée fidèle à son esthétique minimaliste et intemporelle. Avec sa collection "Myopia", le duo formé par Peter Strateas et Mario-Luca Carlucci propose une garde-robe classique avec une touche urbaine apportée par les matières high-tech et des coupes modernes qui laissent une grande liberté de mouvement. Ils revendiquent le fait de jouer sur les "oppositions binaires" entre contemporain et traditionnel, naturel et technologique. L'homme porte des tuniques ou des manteaux amples, blancs, noirs ou gris, sur des bottines en peau retournée. Il pourra aussi opter pour le blouson moutarde et le bermuda à moins qu'il ne choisisse une robe tunique en laine à larges rayures kaki et indigo.
 (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

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