Paris Fashion Week : Georg Lux, directeur de la création de Leonard Paris, s'inspire "d'une époque joyeuse où la fête faisait partie de la vie"

Cette saison, à la Paris Fashion Week, la maison Leonard Paris était le 5 mars le point de mire des regards avec le premier défilé de Georg Lux, son directeur de la création.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Leonard Paris automne-hiver 2021-22, à la Paris Fashion Week, le 5 mars 2021 (Léonard)

"Son travail chez Leonard prend naissance dans une époque turbulente mais annonciatrice d’un après crise extrêmement exigeant et aussi plein d’espoir pour réinventer nos métiers d’art français autour du digital et du respect de notre planète", a expliqué Nathalie Tribouillard, la PDG de la maison Leonard Paris. 

Pour la collection automne-hiver 2021-22, présentée virtuellement le 5 mars dans le cadre de la Paris Fashion Week, Georg Lux, directeur de la création, a travaillé avec le studio qui garde la main sur la direction artistique. "C’est un défi que nous avons proposé à Georg. Il doit à la fois séduire de nouvelles femmes et rassurer les amoureuses de Leonard. Georg aime les femmes sûres d’elles, il aime le luxe et l’artisanat français. Son style s’adapte très bien à nos jerseys imprimés, et en particulier au jersey de soie. Il recherche sans cesse de nouveaux dessins dans nos archives pour les recolorier, les transformer et leur donner une nouvelle vie", a souligné la fille du créateur. 

La collection Beyond Midnight est une célébration du vestiaire nocturne avec des vêtements conçus pour passer de la salle de bal au boudoir. Georg Lux fait voyager la femme loin de son quotidien, dans un monde glamour empreint de beauté, de raffinement et de sensualité. Dans ce vestiaire, des pièces réalisées avec des artisans de maisons françaises comme Février, Lemarié où la Manufacture de Peausserie de Luxe, auxquelles Leonard Paris a fait appel. A noter le retour de l’homme Leonard : un univers où les pyjamas en satin de soie imprimé Art Déco se présentent comme des pièces non genrées. 

Franceinfo culture : Quelles ont été les souhaits de Nathalie Tribouillard pour cette première collection ?
Georg Lux : Il y avait un immense désir au sein de la maison de créer quelque chose de beau, de précieux, qui nous emporte et nous fait vibrer. J’ai tout de suite eu envie de silhouettes glamour et d’imprimés aux coloris puissants qui n’ont pas été très difficiles à réaliser, même dans ce contexte si particulier, puisque notre bureau de dessin d’imprimés travaille à Paris au sein de la maison. Nous voulions aussi que cette collection s’appuie sur les savoir-faire exceptionnels de nos métiers d’art et nos artisans, et nos partenaires à Paris et à Lyon ont su merveilleusement s’adapter à la situation.

Quel a été le fil rouge de cette première collection ?
Je me suis inspiré du film Folies Bourgeoises de Claude Chabrol, dans lequel Stéphane Audran joue une excentrique Parisienne, entre amour fou et jalousie folle, parcourant son gigantesque appartement Art-Déco, revisité par les années 70 : un mélange de deux époques festives, que je trouve fascinant et extrêmement raffiné. Une ambiance à la fois sombre et poudrée avec ses jeux de lumières et de miroirs… et bien sûr ses tenues extraordinaires, très variées dans leurs matières et toujours tellement glamour !

Qu’avez-vous trouvé dans les archives maison qui vous ait inspiré ?
Ce sont les motifs géométriques et un peu moins floraux qui sont importants cette saison : les motifs Art Déco évoquent notamment une époque joyeuse où la fête faisait partie de la vie. Les motifs floraux sont, quant à eux, traités d’une manière plus abstraite puisqu’ils sont comme peints au trait de pinceau.

Comment avez-vous réinterprété les imprimés maison ?  
Le premier thème de la collection exploite un grand imprimé sur satin de soie d’inspiration Art Déco, décliné en deux coloris, qui contraste avec le côté floral de Leonard. Dans ce thème, il y a un somptueux manteau chevrons en plumes grises et blanches, à manches en cuir argenté, tout doublé de soie imprimée. C'est peut-être la pièce la plus exceptionnelle de la collection : il reflète parfaitement cette "folie bourgeoise", entre passion pour les codes et liberté exubérante.

Il y a aussi un thème utilisant un velours léopard dévoré, en lurex et soie, tissé à Lyon, incroyablement fluide et sensuel. Puis enfin un thème exploitant de la moire sur du taffetas de soie imprimé : une technique faite à la main, dans le dernier atelier de Lyon capable de faire de la moire manuellement. J’ai notamment imaginé une grosse cape bouffante avec ce tissu, qui contraste avec les silhouettes fluides et les tailleurs étroits de la collection. 

Allez-vous intégrer plus de durabilité dans les collections ?
En travaillant uniquement avec des artisans français et italiens, pour la plupart titulaires, comme nous, du Label Entreprise du Patrimoine Vivant, nous avons contribué à la préservation de savoir-faire locaux exceptionnels, et évité tout trajet international inutile. Je suis convaincu que la clef d’une mode plus responsable passe avant tout par le recours à des savoir-faire locaux et par la recherche d’un travail d’exception, qui font l’essence des produits de haute qualité des vraies maisons de luxe.    

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