Salon Livre Paris : 7 conseils pour publier son premier roman

Aux portes des maisons d'éditions, les aspirants romanciers sont légion. Pour être publié, le texte est évidemment le plus important. Mais quelques détails peuvent jouer en la faveur des jeunes auteurs. Au Salon Livre Paris, primo-romanciers et éditeurs ont partagé leur expérience.

Un stand du Salon Livre Paris 2019.
Un stand du Salon Livre Paris 2019. (JOEL SAGET / AFP)
"Les éditeurs sont sur-sollicités. J'ai peur que mon manuscrit soit mis dans un tiroir comme tant d'autres et que je ne reçoive jamais de réponse". A 54 ans, François aimerait faire publier son premier roman. Un manuscrit qu'il a mis 10 ans à écrire. Comme beaucoup d'autres auteurs en devenir, il espère que son texte rencontrera un éditeur enthousiasmé.  
 
Se faire publier, Albane Linyer l'a fait. Le premier roman de cette scénariste de profession sortira pour la rentrée littéraire d'automne chez les éditions Nil (groupe Laffont). Elle nous raconte comment elle est devenue primo-romancière.
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Oser se lancer
Alexandra Ughetto est primo-romancière. Son livre sera bientôt publié chez Robert Laffont, dans la collection "R". C'est dans le cadre du concours "Primo" que son manuscrit a été retenu par la maison d'édition. Pour elle, le plus dur n'a pas été de trouver une histoire à raconter mais de se lancer dans l'écriture : "Il m'a fallu longtemps pour m'autoriser à écrire, oser me lancer et me dire que je pouvais être écrivain", raconte l'auteure.

Une appréhension qu'à également expérimentée la primo-romancière Joy Raffin : "J'écris depuis longtemps mais jamais je n'aurais espéré me faire publier", explique l'auteure, dont le premier ouvrage est sorti chez Nil en août 2018. Elle estime avoir eu de la chance car le premier éditeur qui a lu son livre l'a publié. "On se dit que tout le monde écrit mieux", confie-t-elle. Pour Joy Raffin, il n'y a pas de secret, il faut oser : "Même si on n'est pas sûr de soi, cela vaut le coup d'envoyer son manuscrit, car il y a de la place pour plein d'auteurs différents", avance-t-elle.
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Trouver le temps d'écrire
"Avant de publier son livre il faut l'écrire". Ce conseil de la primo-romancière Virginie Nuyen n'est pas aussi évident qu'il n'y paraît. Rare sont les auteurs qui arrivent à vivre de leur plume. Concilier l'écriture avec des activités professionnelles, une vie sociale et familiale, peut s'avérer compliqué. Un problème qu'a confronté Alexandra Ughetto : "Avec mon travail et mes enfants, je n'avais pas beaucoup de temps à consacrer à l'écriture. Etant freelance, j'ai décidé un jour de couper mon chiffre d'affaire par deux pour pouvoir me dégager du temps", raconte-t-elle.
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Être singulier
"Quand je reçois un manuscrit, je cherche une voix, je cherche à entendre la musique d'un auteur qui me transporte", explique Claire Do Serro, directrice littéraire chez Nil. Pour qu'un texte attire l'oeil, il faut qu'il se démarque. Bien sûr, il y a du subjectif dans le choix d'un éditeur de publier ou non un manuscrit. "C'est une rencontre assez peu explicable", avance Benoît Laureau, créateur des éditions de l'Ogre.
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Bien choisir sa maison d'édition
Une fois le livre écrit, il faut déterminer à quelle maison d'édition on le destine. "Allez chez votre libraire et regardez où sont publiés les livres que vous aimez", conseille Gilles Rozier, cofondateur des éditions de l'Antilope. Sur ce point, les éditeurs sont catégoriques : il faut que le manuscrit corresponde à la ligne éditoriale des maisons d'édition destinataires. "On gagne en efficacité si on ne soumet son texte au départ qu'à deux ou trois éditeurs plutôt que de l'envoyer à tous dans la foulée", confirme Glenn Tavennec, éditeur chez Robert Laffont. Un choix qui s'avèrera important pour l'auteur quand son manuscrit sera accepté, car chaque éditeur le travaillera d'une manière différente. "Choisir un éditeur, c'est aussi choisir un axe de travail", explique Benoit Virot, éditeur à Nouvel Attila.
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Soigner la forme comme le fond
En sélectionnant ses éditeurs, on peut également envoyer un message personnalisé pour accompagner son manuscrit. Car même si c'est le texte qui sera jugé au final, ce premier échange avec l'éditeur peut être important. "C'est étrange si on reçoit un message qui a été envoyé à vingt-cinq autres éditeurs", explique Gilles Rozier. Glenn Tavennec conseille également de joindre un résumé de son manuscrit pour que l'éditeur ait une idée rapide de l'histoire qu'on lui soumet.

"On ne juge pas que sur les premières pages mais elles sont importantes", poursuit Glenn Tavennec. Tout comme une mauvaise mise en page et des fautes d'orthographes en trop grand nombre peuvent donner une mauvaise première impression à l'éditeur. Sur le fond, le manuscrit doit être le plus abouti possible. "Il faut envoyer son texte au moment où on pense qu'on ne pourra pas aller plus loin tout seul", conseille Gilles Rozier.  
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Ecrire, ça s'apprend
"Je pense qu'écrire n'est pas forcément quelque chose d'inné. On apprend à être écrivain. C'est un métier qui a une aura très élitiste en France, ce qui n'est pas confortable pour les auteurs en devenir.", confie Alexandra Ughetto. La primo-romancière a suivi les masterclass de l'écrivain Bernard Weber. Des cours qui, selon elle, lui ont apporté des méthodes de narration. Benoît Virot estime également qu'une formation peut être bénéfique à un jeune auteur : "Les formations de création littéraire peuvent être utiles car les élèves se lisent entre eux. Cela permet donc aux projets d'évoluer en fonction du regard d'autres lecteurs".
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S'autopublier, une bonne idée ?
Pour l'éditeur Glenn Tavennec, s'autopublier peut aussi être une solution pour attirer plus tard une maison d'édition. "C'est un autre moyen de toucher des éditeurs", explique-t-il. Il affirme dénicher par ce moyen de nouvelles plumes. Benoît Laureau, des éditions de l'Ogre, défend néanmoins le travail important de l'éditeur qui accompagne le romancier, ce dont l'auteur ne bénéficiera pas en s'autopubliant : "L'éditeur va fournir tout un travail de correction qui va permettre de proposer le livre le plus abouti possible". Une voie royale, qui nécessite de la patience. Certains éditeurs évoquent plus d'un an d'attente avant de recevoir une réponse après l'envoi d'un manuscrit. 

Retrouvez les romancières Alexandra Ughetto et Albane Linyer dans le podcast Primo.