L'auteur de polars italien Andrea Camilleri, créateur du commissaire Montalbano, est décédé

L'hôpital romain où résidait Andrea Camilleri depuis le mois de juin a annoncé le décès de l'auteur de romans policiers italien, à l'âge de 93 ans. 

L\'écrivain italien Andrea Camilleri, chez lui à Rome, en 2000
L'écrivain italien Andrea Camilleri, chez lui à Rome, en 2000 (LEONARDO CENDAMO / LEEMAGE / AFP)

Malgré ses 93 ans et son état de santé critique, Andrea Camilleri n'a jamais pris sa retraite. "Né pour raconter des histoires", écrit le quotidien italien La Republicca, alors que le pays pleure un de ses plus grands auteurs de romans policiers, décédé le mercredi 17 juillet à Rome.

"Je n'ai pas peur de mourir, je regrette seulement d'avoir à laisser les personnes que j'aime le plus", avait écrit l'auteur, hospitalisé au mois de juin dernier après un arrêt cardiaque.

Dans un communiqué, l'hôpital romain dans lequel il résidait depuis a expliqué que "Son état toujours critique de ces derniers jours s'est aggravé dans les dernières heures, compromettant les fonctions vitales", avant de préciser que les funérailles se dérouleraient dans l'intimité. 

Un auteur prolifique

L'auteur sicilien a séduit des millions de lecteurs dans le monde grâce aux aventures du commissaire Montalbano, qu'il décline dans 35 livres. En 40 ans de carrière (il a publié son premier roman à l'âge de 57 ans), Andrea Camillera a publié une centaine d'ouvrages, publiés dans près de 30 langues différentes, de l'arabe au coréen.

En France, 27 tomes des aventures du commissaire Montalbano, connu pour sa gourmandise et inspiré du commissaire Maigret de Simenon, ont été publiés. Le nom de Montalbano avait été choisi en hommage au romancier catalan Manuel Vazquez Montalban, créateur de Pepe Carvalho.

En 2016, alors qu'il a perdu la vue, Andrea Camilleri franchit le cap des 100 ouvrages avec une nouvelle enquête de Montalbano qu'il raconte avoir dictée à son assistante. Il cuoco dell'Alcyon" (Le cuisinier de l'Alcyone) est sorti au printemps 2019 et est passé immédiatement en tête des ventes, comme les précédentes aventures de ce commissaire, adaptées dans une série télévisée suivie par des millions de télespectateurs à travers le monde, des Etats-Unis à l'Australie en passant par l'Europe, et même l'Iran. 

Une carrière commencée sur le tard

Après des études de lettres et de théâtre, Andrea Camilleri, aussi militant du Parti communiste italien, commence à travailler comme metteur en scène, ainsi que comme enseignant et poète. Sa carrière de romancier ne débute que lorsqu'il approche de la soixantaine. 

La première aventure du commissaire Montalbano, La forme de l'eau, parait en 1994, alors que son auteur a déjà 69 ans. Le succès est immédiat, alors que son premier ouvragre, publié en 1978 a fait un flop. "Je l'aime et je le hais à la fois. Je lui dois presque tout, il m'a ouvert la voie pour les autres romans", confiait-il au sujet de son héros au charme rugueux.

Avant son hospitalisation, le romancier et fumeur compulsif devait remonter sur les planches le 15 juillet, à l'occasion du spectacle Autodifesa di Caino, dans les thermes de Caracalla à Rome. L'an dernier, il avait fait son grand retour en tant qu'acteur au théâtre grec de Syracuse, en Sicile.

Une pluie d'hommages

Les hommages commencent à pleuvoir dans son Italie natale, notamment chez les politiques. "C'est une triste nouvelle pour la Sicile, qui perd son fils, et pour l'Italie, qui voit partir un magnifique maître de vie. Adieu Andrea Camilleri, tu nous manqueras", a estimé le vice-Premier ministre Luigi Di Maio, du mouvement anti-système Cinq étoiles.

L'autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite), a salué "le narrateur infatigable de sa Sicile".

"Une voix unique et merveilleuse disparaît", a écrit Nicola Zingaretti, chef de file du Parti démocrate et frère de Luca Zingaretti, l'acteur qui incarne le commissaire Montalbano au petit écran. "Nous avons perdu beaucoup plus qu'un grand écrivain. Il nous restera la beauté de ses récits", a-t-il poursuivi.

"Il a offert la Sicile au monde entier", a salué quant à lui le ministre de la Justice Alfonso Bonafede, lui aussi sicilien.