L'écrivain Franck Bouysse lauréat du prix des libraires pour "Né d'aucune femme"

"Né d'aucune femme" est également en lice pour le prix Orange du livre qui sera décerné le 4 juin et d'autres prix littéraires dont le prix Étonnants voyageurs/Ouest France.

L\'écrivain Franck Bouysse en décembre 2016
L'écrivain Franck Bouysse en décembre 2016 (LEEMAGE)

Le romancier Franck Bouysse, 53 ans, a reçu mercredi 14 mai le prix des libraires pour "Né d'aucune femme" (La manufacture de livres), récit tragique et magnifique d'une femme à la résilience inouïe. 

Porté par une écriture incandescente, ce roman noir et plein d'empathie raconte l'histoire de Rose vendue à l'âge de 14 ans à un riche propriétaire d'une forge, par son père trop pauvre pour nourrir les siens. On découvre son histoire effroyable en lisant son journal récupéré par un prêtre à sa mort dans un asile.

Il y a dans le récit de Franck Bouysse des réminiscences des contes traditionnels peuplés d'ogres. On est parfois terrifié par ce qu'on lit. Viols, meurtres, enlèvement d'enfant... Et pourtant rien n'est glauque. Par sa résilience, Rose est une figure lumineuse. Sa force réside dans l'écriture. "La seule chose qui me rattache à la vie, c'est de continuer à écrire, ou plutôt à écrier, même si je crois pas que ce mot existe il me convient", écrit Rose dans ses cahiers. Gabriel, le jeune prêtre qui a découvert les carnets de Rose, va consacrer sa vie à retracer la vie de cette femme. Peut-on imaginer un autre destin pour Rose?

"Né d'aucune femme" est également en lice pour le prix Orange du livre qui sera décerné le 4 juin et plusieurs autres prix littéraires dont le prix Étonnants voyageurs/Ouest France.

Un prix créé en 1955

Décerné par un réseau de 1.600 libraires indépendants, le prix des libraires a été créé en 1955. Plusieurs de ses lauréats (Laurent Gaudé, Didier Decoin, Patrick Modiano et Georges Conchon) ont ensuite obtenu le prix Goncourt, voire, pour Modiano, le Nobel de littérature.

En 2018, le prix avait récompensé Gaëlle Nohant pour "Légende d'un dormeur éveillé" (Héloïse d'Ormesson).