Jean d'Ormesson : un immortel aux vies multiples

Jean d'Ormesson avait 92 ans, et derrière lui, plusieurs vies. Il aurait pu rester haut fonctionnaire ; il sera journaliste puis écrivain, élu à l'Académie française en 1973. Il fera même quelques apparitions remarquées au cinéma.

FRANCE 3

Il était aussi charmeur que pétillant, aussi espiègle qu'élégant. Jean d'Ormesson a marqué son époque et l'a teintée d'un inébranlable optimisme. Il aimait la vie et chérissait les mots, les choisissant toujours précieusement pour se définir. Son destin débute le 16 juin 1925. Fils d'ambassadeur, il grandit à Saint-Fargeau (Yonne), dans le château familial. Sa vie est celle d'un roman composé de plusieurs chapitres. Voici le premier : l'homme de lettres. À 19 ans, Jean d'Ormesson intègre l'École normale supérieure. Il devient agrégé de philosophie et commence à écrire. Ses débuts sont prometteurs, mais lui reste modeste. Et pourtant, il sera le plus jeune écrivain élu sous la coupole. Immortel à 48 ans, auteur d'une cinquantaine d'ouvrages. En 2015, il est publié de son vivant dans la collection prestigieuse de la Pléiade. Ceux qui l'ont connu usent parfois des mêmes mots pour le décrire.

Un homme de convictions

C'est Jean d'Ormesson qui accueille, qui impose, même, en 1981 à l'Académie française la première femme, Marguerite Yourcenar. En 2010, il rend hommage à Simone Veil. Un homme qui savait manier les mots. Un homme qui savait manier les mots, un homme de convictions et donc un homme de presse. En 1970, il devient directeur du Figaro. Le journal incarne ses idées. Son désordre est légendaire, sa plume féroce. Il n'échappe pas au plaisir de la polémique. Ses positions sur la guerre du Vietnam lui valent d'ailleurs d'être épinglé par Jean Ferrat dans l'une de ses chansons. Un pied dans la littérature et la presse, l'autre dans la politique. Homme de droite, Jean d'Ormesson a pourtant été le confident de François Mitterrand, qui le reçoit plusieurs fois à l'Élysée. Jean d'Ormesson avait récemment déposé son dernier ouvrage, intitulé Moi, je vis toujours. il restera assurément immortel.

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Jean d\'Ormesson, le 22 février 2006 à Paris. 
Jean d'Ormesson, le 22 février 2006 à Paris.  (OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP)