"Le virus va se fatiguer de nous et s'autodétruire car la vie est plus forte que tous les virus du monde" : l'écrivain Tahar Ben Jelloun à propos du coronavirus

L'écrivain, membre de l'Académie Goncourt, dont le dernier roman s'intitule "L'insomnie" considère que le confinement n'est pas propice à la création.

Tahar Ben Jelloun interviewé par Skype
Tahar Ben Jelloun interviewé par Skype (France3 Paris-Île-de-France)

Tahar Ben Jelloun est un homme de plume mais aussi de pinceaux. Confiné à Paris il lit plus qu'il n'écrit. L'écrivain s'inquiète du sort des petites maisons d'édition mais se veut optimiste quant à l'issue de la pandémie.

Le confinement n'est pas propice à la création parce que le temps que nous avons est encombrant, sans odeurs, sans couleurs.Tahar Ben Jelloun Ecrivain

Plutôt que d'écrire, Tahar Ben Jelloun préfère profiter de ce temps confiné pour relire les classiques comme Don Quichotte de Cervantès ou se replonger dans l'oeuvre de Federico Garcia Lorca "qui m'enchante à chaque fois que je le lis".

"Un moment perdu pour la lecture"

Depuis le début du confinement les librairies sont fermées et Tahar Ben Jelloun s'en inquiète :"J'ai appris par un ami libraire que c'est le syndicat des libraires qui avait refusé que les librairies soient ouvertes alors que les livres auraient pû être considérés comme des produits de première nécessité" s'étonne l'écrivain. Pour lui, il aurait été possible d'organiser cette ouverture en laissant entrer les clients un par un. "Maintenant, malheureusement les gens achètent les livres sur internet... c'est un moment perdu pour la lecture".

Inquiet pour les petits

Alors que Gallimard qui édite ses oeuvres fait état d'une perte de chiffre d'affaires de 90%, Tahar Ben Jelloun se déclare "plus inquiet pour les petites maisons d'édition et les petits libraires qui ne vont pas avoir la force de résister à cette crise terrible". 

L'écrivain espère que la rentrée de septembre permettra de retrouver la lecture et il se veut, dans cette période difficile, résolument optimiste :

Je pense que le virus va être fatigué de nous et va s'autodétruire parce que la vie est plus forte que tous les virus du mondeTahar Ben JellounEcrivain

Tahar Ben Jelloun : L'insomnie aux éditions Gallimard