"Un jour", un roman de Maurice Genevoix datant de 1976, ressort jeudi avec la mention "Rentrée littéraire"

Les éditions Plon tentent un pari osé pour cette rentrée littéraire : rééditer une oeuvre écrite il y a 45 ans. "Un jour", le roman de Maurice Genevoix, entré au Panthéon en 2020, sort à nouveau en librairie ce jeudi 16 septembre. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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L'écrivain Maurice Genevoix ici en 1979.  (ULF ANDERSEN / ULF ANDERSEN)

Le roman de Maurice Genevoix, Un jour, de 1976, ressort le 16 septembre en "grand format", habituellement réservé aux nouveautés. À 19 euros pour 200 pages, c'est trois à quatre fois plus que le prix d'une édition poche, dont le titre n'a jamais bénéficié.

Changement d'éditeur

Plus original encore : l'auteur de Raboliot (prix Goncourt 1925) fait partie, à cette occasion, des quelques écrivains qui... changent d'éditeur. L'original était paru au Seuil, un concurrent. Chez lui, ce titre est épuisé depuis longtemps, et il ne s'est visiblement pas battu pour en garder l'exclusivité. Le petit-fils de Maurice Genevoix, Julien Larere-Genevoix, a simplement écrit au Seuil, qui ne s'est pas opposé au projet.


Rééditer de cette manière, "ce n'est pas courant", confirme-t-on chez Plon. "Julien Larere-Genevoix tenait à le faire paraître en rentrée littéraire, assorti d'une préface. Il a choisi Plon car nous avons publié de nombreux livres de cet auteur. Et pour nous c'est un texte très moderne, qui s'intégrait bien dans notre rentrée."

"Un jour" raconte les souvenirs d'un vieil homme 

Maurice Genevoix (1890-1980), jeune officier grièvement blessé sur le front en 1915, et survivant de l'épidémie de grippe espagnole de 1919, s'est d'abord fait connaître comme écrivain de guerre. C'est à ce titre que le président Emmanuel Macron l'a fait entrer au Panthéon en novembre 2020.

Un jour est son avant-dernier livre. Développant les pensées et souvenirs d'un vieil homme solidement ancré dans sa campagne du val de Loire, il avait été très bien accueilli. "Un style minutieux de peintre animalier qui saisirait formes et teintes dans leur mouvement", écrivait Bertrand Poirot-Delpech pour Le Monde"Dans Un jour, qui fait de lui, jusqu'à la fin, une des plus authentiques vedettes de la radio et de la télévision, Maurice Genevoix met en scène, avec un art consommé du suspens et de la litote, un homme, un non-conformiste, un irrégulier qui lui ressemble comme un frère", disait en 1981 Jacques de Bourbon Busset, au moment de lui succéder à l'Académie française.

Eviter une réédition en poche pour rivaliser avec la concurrence 

Pour le petit-fils de l'écrivain, le texte méritait la prise de risque."Ce que je voulais, c'était éviter une réédition en poche. Elles se vendent peu, alors que les livres sur lesquels on a fait un effort éditorial se voient mieux", explique Julien Larere-Genevoix à l'AFP.

Ce jeudi sortent en même temps des titres sur lesquels la concurrence a misé gros. Le Seuil publie ainsi le cinquième roman d'Edouard Louis, Changer : méthode, les éditions XO le dernier thriller d'un écrivain qui monte, Nicolas Beuglet, avec Le Passager sans visage, et l'éditeur Zones publie un essai de Mona Chollet qui a fasciné la presse de gauche : Réinventer l'amour: comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles. À l'époque de la sortie d'Un jour, le premier n'était pas né, et les deux autres n'avaient pas l'âge d'apprendre à lire.

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