L'écrivain Michel Ragon, auteur des "Mouchoirs rouges de Cholet", est mort

L'écrivain Michel Ragon, auteur notamment des "Mouchoirs rouges de Cholet", est mort à l'âge de 95 ans.

L\'écrivain et critique Michel Ragon en 1997. 
L'écrivain et critique Michel Ragon en 1997.  (ANDERSEN ULF/SIPA / SIPA)

L'écrivain libertaire Michel Ragon, entre-autres auteur de La mémoire des vaincus ou des Mouchoirs rouges de Cholet, est mort à l'âge de 95 ans, a annoncé vendredi 14 février son éditeur, Albin Michel.

D'ouvrier à bouquiniste

Autodidacte, Michel Ragon était aussi un critique d'art et un historien reconnu de l'architecture.

Né en juin 1924 en Vendée, orphelin de père à 8 ans, l'écrivain a passé toute son enfance dans cette région, qui a donné le cadre de nombreux de ses romans.

À quatorze ans, il doit quitter l'école, et la ville de son enfance, Fontenay-le-Comte, pour aller travailler à Nantes "la grise" d'abord comme garçon de courses, puis manutentionnaire ou encore aide-comptable.

Monté à Paris à 20 ans, il fait tous les métiers (d'ouvrier en usine à bouquiniste) et surtout fréquente le milieu des écrivains prolétariens (en particulier Henry Poulaille), le milieu anarchiste et celui de l'art contemporain qui resteront toujours ses sujets de prédilection.

Flair redoutable

Avant de se lancer dans l'écriture, il à vécu comme Jack London en bourlinguant de par le monde (il fut ouvrier agricole en Angleterre, partit pour le Japon en s'embarquant sur un cargo...). Il fut un hippie avant l'heure.

A partir des années 1980 il devient le grand romancier de la Vendée, Les Mouchoirs rouges de Cholet (1984), prix des lectrices de Elle, de l'épopée libertaire, La Mémoire des vaincus (1990), Un si bel espoir (1999), tout en poursuivant une oeuvre autobiographique avec notamment L'accent de ma mère (1980), D'une berge à l'autre (1995) et une oeuvre de critique d'art et d'architecture avec Du côté de l'art brut (1996), Journal d'un critique d'art désabusé (2013).

Il était un "critique d'art au flair redoutable qui a su déceler dès le début les peintres devenus désormais incontournables", a rappelé son éditeur. Il avait notamment fait connaître le mouvement CoBrA en France et suivit avec une amitié fidèle l'oeuvre de Soulages, de Hartung, d'Atlan, de Dubuffet.