L'écrivain et académicien René de Obaldia est mort à l'âge de 103 ans

Né en 1918 à Hong Kong, il était poète et dramaturge, et avait publié peu avant d'atteindre ses 100 ans "Perles de vie" (éditions Grasset), où il relevait le proverbe: "Pour devenir centenaire, il faut commencer jeune".

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France Télévisions Rédaction Culture
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 L'académicien, dramaturge, poete et romancier, René de Obaldia, lors de sa fête d'anniversaire pour ses 100 ans au théâtre de la Bruyère à Paris (DELALANDE RAYMOND/SIPA)

L'écrivain René de Obaldia est mort à l'âge de 103 ans, a annoncé jeudi à l'AFP l'Académie française, dont il était membre depuis 1999. Interrogée sur la mort de son doyen, annoncée d'abord par L'Obs puis Le Figaro, l'institution gardienne de la langue française a confirmé, en ajoutant ne pas en connaître les circonstances.

Né en 1918 à Hong Kong, il était poète et dramaturge, et avait publié peu avant d'atteindre ses 100 ans Perles de vie (éditions Grasset), où il relevait le proverbe: "Pour devenir centenaire, il faut commencer jeune". Ce fils d'une Française et d'un Panaméen, diplomate dans la cité sous contrôle britannique, avait ensuite grandi à Amiens, dans la région de sa mère, puis à Paris, où il avait très tôt démontré ses aptitudes littéraires. Prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient ensuite un écrivain touche-à-tout, d'un humour mordant, cultivant le détachement."J'ai toujours eu en moi ce côté dérisoire, qui m'a permis de mettre certaines choses à distance", déclarait-il à L'Express en 2009.

Romancier et dramaturge

Après un court passage comme directeur littéraire aux Éditions Pierre Horay, Obaldia publie son premier roman Tamerlan des cœurs (1956) avec une introduction de Jean Cassou (à la réédition dans le Livre de poche 10-18 – Édition Christian Bourgois – Maurice Nadeau en écrira la postface).

Suivront deux récits : Fugue à Waterloo et La Passion d’Émile (1956, Grand prix de l’Humour noir) et un second roman, Le Centenaire, "épopée de la mémoire" (1960, prix Combat). Un long monologue romanesque d'un vieillard qui ressasse une multitude de souvenirs.

C’est peu après que commence sa carrière dramatique grâce à Jean Vilar, qui donne au T.N.P. la comédie onirique Génousie. Trois ans plus tard, Le satyre de la Villette fait scandale, pour des propos un peu crus prêtés à une enfant, et lui colle une étiquette de révolutionnaire immoral. 

Obaldia participe au renouveau du théâtre français avec le TNP 

Obaldia participe alors, avec Beckett et Ionesco, au renouveau du théâtre français
porté par le TNP. Il a un ton, une morale incertaine, et navigue entre songe et
réalité. "On a étiqueté mon théâtre 'théâtre vertical', ce qui veut dire que, selon le
degré de culture du spectateur, chacun trouve son plaisir à différents niveaux",
expliquait cet ami de Roland Barthes ou d'Alain Robbe-Grillet.

Son oeuvre théâtrale lui vaut une renommée mondiale, avec des pièces comme Du vent dans les branches de sassafrasMonsieur Klebs et Rozalie ou La Rue Obaldia. Dans son introduction à Perles de vie, il se félicitait d'une "existence riche en métamorphoses: poèmes, romans, théâtre, mémoires"

Récompensé par la critique 

De nombreux prix ont couronné la carrière de René de Obaldia rappelle le site de l'Académie française. Parmi ceux-ci : prix de la Critique dramatique pour Génousie (1960), Grand prix du disque de l’Académie Charles Cros, Éditions Ades – Textes dits par Madeleine Renaud et Michel Bouquet (1978). Grand prix du théâtre de l’Académie française (1985), Grand prix de la poésie de la SACEM pour Les Innocentines (1988). Grand prix de la Société des auteurs dramatiques (1989), Grand prix de la littérature décerné par la Ville de Paris (1991), prix du Pen Club français (1992), Molière d’honneur et Molière du meilleur auteur (1993), prix Marcel Proust et prix Novembre pour son livre de mémoires : Exobiographie (1993). Son oeuvre a été traduite en près de 30 langues.

"Le moins académique des académiciens"

Elu en 1999 à l'Académie française, au fauteuil de Julien Green (22e fauteuil), il sera, promet-il, "le moins académique des académiciens" et l'un des rares dramaturges de l'assemblée. "Il y a des ronrons mentaux qu'il faut éviter comme la peste. Je suis en marge de tout et j'entends le rester".

René de Obaldia, qui avait arrêté d'écrire à la mort de sa femme en 2012, a aussi été parolier de Luis Mariano. Une médaille avait éditée par la Monnaie de Paris à son effigie en 1997. 

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