Editeurs, auteurs et libraires appellent Macron à "sauver" la filière du livre dans une tribune au "Monde"

Inquiets de l'oubli de la filière du livre dans le plan de relance de la culture annoncé début mai par le chef de l'Etat, les signataires réclament des mesures d'urgence "avant l'été".

Une vendeuse dans une librairie de Mulhouse, le 11 mai 2020, au premier jour du déconfinement.
Une vendeuse dans une librairie de Mulhouse, le 11 mai 2020, au premier jour du déconfinement. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Dans une tribune publiée samedi dans le quotidien Le Monde et adressée au chef de l'Etat, un collectif de plus de 600 éditeurs, auteurs et libraires lance un appel à l'aide pour "sauver" la filière du livre, mise en danger par l'épidémie de Covid-19.

Les signataires, dont le prix Nobel Patrick Modiano, l'éditeur Antoine Gallimard ou encore le romancier Guillaume Musso, disent leur "stupeur" devant l'absence de mesures pour le livre dans le "plan de relance pour la culture" annoncé le 6 mai par Emmanuel Macron. "Vous avez choisi de ne plus parler des livres ni de celles et de ceux qui les écrivent, les traduisent, les éditent et les vendent", soulignent-ils. Alors "l’heure est aujourd’hui au doute et à l’inquiétude".

"Empêcher l'effondrement de la filière"

"L'État se doit d'empêcher l'effondrement de cette filière vitale pour toute notre société (...) De nombreuses librairies et maisons d'édition, connues et reconnues, et les auteurs, illustrateurs, traducteurs, comme tous les créateurs du livre, ne se relèveront pas si toute la filière ne bénéficie pas d'un plan de relance rapide et ambitieux", plaident-ils.

La fermeture complète des librairies a entraîné, pour celles-ci, une perte de la quasi-totalité de leur chiffre d'affaires et de plus de 80 % pour les maisons d'édition, rappellent-ils. "Distributeurs, diffuseurs et imprimeurs ont de ce fait été lourdement affectés. Les auteurs, privés de ventes de livres et de rencontres rémunérées, connaissent une perte de revenus sans précédent", ajoutent-ils.

Les signataires réclament des mesures "avant l'été"

"Il y a désormais une urgence absolue à intervenir avant l'été", insistent les signataires qui souhaitent "une aide de plusieurs centaines de millions d'euros" pour la filière.

Ils préconisent "une politique résolue de soutien à l’offre – subventions, prêts, exonération de charges sociales et de taxes… " ainsi qu'"une amplification ponctuelle de la demande, avec des commandes massives par les bibliothèques et des opérations d’envergure liées au Pass culture et au Chèque Lire."

Appel conjoint des syndicats de l'édition et de la librairie

"Si un plan de relance ambitieux en faveur du livre et de la lecture n'est pas enclenché, de nombreux acteurs vont disparaître, d'autres vont devoir lutter pour seulement survivre", ont indiqué par ailleurs le Syndicat national de l'édition (SNE), le Syndicat de la librairie française (SLF) et le Conseil permanent des écrivains (CPE) dans un communiqué commun.

"Le livre fait figure de grand oublié", regrettent le SNE, le SLF et le CPE qui estiment que "le montant prévu de cinq millions d'euros apporté par le Centre national du livre est tout à fait insuffisant" pour sauver la filière.

Le ministre de la Culture, Franck Riester a annoncé vendredi sur son compte twitter qu'il travaillait avec le ministre de l'Économie Bruno Le Maire "à un plan de soutien de la chaîne du livre en concertation avec l'ensemble des professionnels de la filière". Il a promis des mesures "à la fin de la semaine prochaine".