Daniel Prévost : "J'ai un personnage double : soit je vous fous le bourdon, soit je vous fais rigoler"

L'acteur Daniel Prévost est l'invité du Monde d'Elodie. Il confie la douleur qu'a été de grandir sans père et comment il est devenu comédien. 

LME Daniel Prevost
LME Daniel Prevost (LEBLANC PHILIPPE / MAXPPP)

Le Monde d'Elodie avec Daniel Prévost
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"J'ai un personnage-double : soit je vous fous le bourdon, soit je vous fais rigoler", déclare le comédien et acteur Daniel Prévost, sur franceinfo dans Le Monde d'Elodie, à l'occasion de la sortie de son livre Tu ne sauras jamais combien je t'aime (éditions Le Cherche midi).

Dans ce dernier ouvrage, l'auteur se livre sur la disparition de sa femme en 2007, après quarante ans de vie commune. "C'est une déclaration d'amour, simplement pour dire qu'elle existe toujours (...) et qu'on ne peut pas s'en départir", confie Daniel Prévost. C'est aussi, pour lui, l'occasion de revenir sur son enfance. Il a été élevé par sa mère en l'absence de son père biologique.

Une enfance douloureuse

Il n'a jamais réussi à appeler son père adoptif "papa". Daniel Prévost le surnomme même "l'intrus". "J'ai détesté cette personne. J'ai contesté son existence. C'était un voleur de mère", s'exprime-t-il. Le comédien sait que sa mère l'aimait, mais il estime qu'elle "est tombée dans les griffes de cette personne et n'a jamais pu s'en sortir"."Il fallait vivre avec cet homme puisqu'elle l'avait choisi", conclut-il. 

Dans son livre, Daniel Prévost se décrit ainsi, petit, comme "un enfant bancal", "un gamin inachevé". Et l'âge adulte n'a pas fini de lui réserver son lot "d'aspérités". Il apprend, à ses 35 ans,  que son père est Algérien. "Il est clair que ça ne fait pas plaisir, c'est un choc grave (...) Il n'y a pas de choses plus graves dans la vie si votre mère vous cache des choses", considère celui qui admet avoir eu "des idées noires".

L'issue du rire

"Lorsqu'on ne trouve pas de solutions, la solution immédiate, c'est de disparaître", avoue-t-il. Pourtant Daniel Prévost a trouvé la force de remonter. "Pourquoi continuer ? Parce que c'est le grand mouvement de la vie !", souligne l'acteur dans un rire. Un rire, un peu fuyant, un peu sérieux, dont Daniel Prévost a fait sa force. 

Il est devenu comédien. Au départ c'était un peu "un hasard". Mauvais à l'école "lorsque (son) père adoptif est arrivé", Daniel Prévost se voyait n'exercer que deux métiers. D'abord celui de prof de philo. Puis celui de comédien. "Je faisais rigoler mes copains de classe car je n'avais rien d'autre à faire", raconte-t-il. L'acteur a finalement choisi la carrière qu'on lui connaît. Le film, dans lequel il a joué, que le public retient : la comédie Le Dîner de cons (1998) pour laquelle il a reçu le César du meilleur second rôle.

L'autre image que l'on retient de lui est cette scène marquante de l'émission Le Petit Rapporteur : la bataille du boudin qu'il a partagée avec Pierre Desproges. Une séquence dont il s'amuse encore aujourd'hui : "C'était tout improvisé. Nous ne pouvions pas imaginer que nous allions passer à la prospérité avec cela." "Vous voyez à quoi tient la prospérité ? Juste à de la charcuterie !", rigole Daniel Prévost.