Claude Michelet, l'"écrivain-paysan", auteur de la saga populaire "Des grives aux loups", est mort à l'âge de 83 ans

L'écrivain Claude Michelet est décédé jeudi à l'âge de 83 ans à son domicile de Brive-La-Gaillarde. L'"écrivain-paysan" pilier de l'école de Brive, qui a vendu des millions de livres, était le porte-drapeau d'une littérature populaire bien loin des grands prix littéraires parisiens. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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L'auteur des romans dits de terroir, Claude Michelet, est mort à l'âge de 83 ans.  (ULF ANDERSEN / ULF ANDERSEN)

Claude Michelet est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi 26 mai à l'âge de 83 ans à son domicile, a annoncé à l'AFP son fils cadet. "Il est décédé dans son sommeil à Brive où il a résidé une partie de sa vie et où il a mené de front sa carrière d'écrivain et celle de paysan, ce qui faisait sa fierté", a déclaré Jean-Marc Michelet à l'AFP.

Ses romans dits de terroir, reflets de la société rurale du siècle dernier, ont connu un immense retentissement dans la conscience française. Les éditions Robert Laffont dénombrent près de 3 millions d'exemplaires vendus.

Avec Des grives aux loups, succès dès sa parution en 1979, suivi de trois autres romans de famille (Les palombes ne passeront plus, L'appel des engoulevents et  La terre des Vialhe), il s'inscrit dans la tradition des romans populaires du XIXe siècle.

Pilier de l'école de Brive

C'est au milieu des années 70 lors de la foire du livre de Brive, qu'une bande d'écrivains, rassemblés autour de Jacques Peuchmaurd, directeur littéraire chez Robert Laffont, crée "l'école de Brive". On y retrouve Claude Michelet, Gilbert Bordes, Jean-Guy Soumy ou encore Colette Laussac.

Car Claude Michelet est un enfant de la Corrèze. Né à Brive le 30 mai 1938, il est le dernier de sept enfants (ce qu'il raconte dans ses souvenirs d'enfance Une fois sept en 1970). En 1945, il déménage à Paris où son père, Edmond Michelet, de retour de Dachau, est nommé ministre des Armées par le général de Gaulle. Il rend hommage à ce catholique résistant dans Mon père Edmond Michelet.

Jusqu'en 1952, l'enfant turbulent vit à Paris mais rêve de sa campagne corrézienne où la famille possède un domaine, ancien refuge de maquisards. Dès 14 ans, il décide qu'il sera agriculteur. Après une formation à l'école d'agriculture de Lancosme (Indre), il part pour le service militaire en Algérie de 1958 à 1960. "Appelé en Algérie (...), il n'en est jamais tout à fait revenu, comme tous ceux de sa génération", a confié son fils cadet Jean-Marc à l'AFP, en annonçant son décès.

Une saga familiale 

Il s'installe en 1960 à Marcillac dans la maison familiale. Avec dix-neuf hectares de terres en friche, cinq vaches et une génisse, il se met à l'ouvrage. Dans J'ai choisi la terre en 1975, il décrit très simplement ses années de labeur ponctuées de réussites et d'échecs. Par ce premier succès, il devient le porte-voix de milliers de petits exploitants souvent désorientés par les réformes agraires.

Au fil des pages, il voue une rancoeur tenace aux technocrates, aux planificateurs et aux économistes. Passionné par la cause paysanne, il veut démontrer que ces milliers d'exploitations qui jalonnent le pays sont la marque de l'identité française.

Avec Des grives aux loups, consacré en 1980 par le prix des Libraires, Claude Michelet vend plus de 500 000 exemplaires en quelques mois. Il raconte l'histoire au XXe siècle de la famille Vialhe établie dans le village de Saint-Libéral en Corrèze.

Un style méprisé par la critique

Le style est simple, les pages sont rythmées par les guerres, les conflits de générations, les révolutions techniques mais aussi les amours, les mariages et les deuils. L'histoire d'une famille française comme il y en eut des millions et d'un village comme il y en eut des milliers.

Avec son élevage de vaches limousines mais aussi grâce au succès de sa saga, il élève ses six enfants. Un problème de santé le contraint bientôt à réduire son activité agricole.

Méprisé par la critique, il est accusé d'écrire de la sous-littérature. "Ce n'est pas grave, cela ne mérite aucune réponse", rétorquait-il dans Le Parisien en 2000. L'essentiel c'est que je ne sois pas coupé de mes lecteurs". Il rétorque : "Être populaire, c'est savoir raconter une histoire tout en apprenant des choses. (...) Les romans nombrilistes tournent à mes yeux un peu en rond. Ils viennent d'écrivains qui passent leur temps à faire de la psychanalyse en public ce dont le public se fout justement."

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