"Le Paris de Claude Sautet" : beau livre sur un réalisateur urbain et nostalgique

Fidèle des fidèles à Romy Schneider et Michel Piccoli, le cinéaste le fut aussi à Paris et sa banlieue qu’il a filmés comme personne.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Le réalisateur Claude Sautet chez lui à Paris se reflète dans la fenêtre de son appartement, avenue des Gobelins. (PARIGRAMME / Coll Yves Sautet/DR)

Après Le Paris de Michel Audiard, et Le Paris de François Truffaut, Parigramme publie Le Paris de Claude Sautet de Hélène Rochette. Souvent réduit à un cinéaste de la bourgeoisie pompidolienne des années 1970, Claude Sautet (1924-2000) est avant tout celui des rapports humains, d’amitié et d’amour, avec toujours pour cadre, la ville. Fidèle à Romy Schneider, Michel Piccoli, Yves Montand et les autres, il le fut aussi à Paris et sa banlieue dont il sut comme peu partager l’atmosphère, comme en témoigne ce bel album.

Paris-banlieue

Né à Montrouge (Hauts-de Seine), Claude Sautet s’est toujours réclamé originaire de la petite couronne, avant de rejoindre la capitale. Il n’a cessé de faire pourtant des allers-retours entre la banlieue et Montparnasse, où vivait son grand-père et où son père tiendra une gargote à la fin de sa vie. Tiens tiens, un lieu qui deviendra central dans sa future filmographie. Le Paris de Claude Sautet, c’est celui des chemins de traverse, loin des lieux emblématiques et des clichés de cartes postales. Il filme souvent ses acteurs en plans serrés, floutant le cadre, et pourtant Paris est omniprésent, et se reflète dans les vitres embuées des troquets où ses personnages sont attablés.

Ce n’est que tardivement, en 1970, que Claude Sautet parviendra à s’imposer comme auteur-réalisateur, même si son premier film, Classe tous risques, excellent polar avec Lino Ventura, date de 1960. Les Choses de la vie, ne serait-ce que dans son titre, est comme le manifeste de ce qui va devenir le style Sautet, dans l’art de mettre en images les plaisirs simples de la ville, de la vie. 

Hormis des escapades en Vendée, le film retrace ce parcours entre Paris et la banlieue, les Yvelines dans le film. Il capte déjà la rue et les lieux clés de son cinéma, les appartements bourgeois parisiens, mais surtout les cafés et brasseries qui jalonneront ses films.

Vie urbaine

A dominante urbaine, tournés en Île de France, les films de Claude Sautet ne créent pas de réelles frontières entre la capitale et sa banlieue. Il s’avère presque, à ce titre, annonciateur du Grand Paris. C’est particulièrement visible dans Max et les ferrailleurs (1971) où l’on ne cesse de passer des rues, beaux quartiers et bars de la capitale, à la casse de la périphérie tenue par Bernard Fresson. Avec comme point d’encrage, la voiture, dont la présence ne cesse de croître dans le Paris des années 1970.

Tous les films suivants, de César et Rosalie (1972) à Nelly et Monsieur Arnaud (1995), en passant par Vincent, François, Paul et les autres (1974) ou Un mauvais fils (1980), Claude Sautet ne cesse filmer Paris et les lieux de convivialité qu’il aime et fréquente tant. Garçon ! (1983) est une ode à ces brasseries qu’il a tellement habitées. Si le scénario est un peu faible, il ne semble qu’un prétexte pour transmettre cette atmosphère si parisienne, effervescente et, à l’époque, enfumée…

Ce magnifique album, bourré de documents, photos, dessins, anecdotes biographiques et autres, transmet une vision et un amour pour une vie urbaine, au-delà des préjugés élitistes qui y sont souvent abusivement ancrés.

Romy Schneider dans "Max et les ferrailleurs" de Claude Sautet, en première de couverture de "Le Paris de Claude Sautet" de Hélène Rochette. (PARIGRAMME)

Le Paris de Claude Sautet - Romy, Michel, Yves et les autres...
de Hélène Rochette 
160 pages, 160 photographies et documents, broché
Editions Parigramme

19,90 €

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