Cet article date de plus de cinq ans.

Avec "Les Affamés", Léa Frédeval veut "faire avancer les mentalités"

Publié
Durée de la vidéo : 4 min
6media ITW4MIN JEUNES LEAFREDEVAL V2
6media ITW4MIN JEUNES LEAFREDEVAL V2 6media ITW4MIN JEUNES LEAFREDEVAL V2 (FRANCEINFO)
Article rédigé par franceinfo
France Télévisions

Léa Frédeval a commencé par raconter sa vie d'étudiante multipliant les petits boulots dans un blog. Elle en a fait un livre puis un film, tous les deux titrés "Les Affamés".

À 23 ans, Léa Frédeval a déjà eu une vie bien dense. Diplômée de sociologie, elle a publié un livre inspiré de sa vie d'étudiante et de sa multitude de jobs et de stages, Les Affamés : Chronique d'une jeunesse qui ne lâche rien, avant de l'adapter elle-même au cinéma avec, pour jouer le rôle principal, Louane.

Sous le feu des projecteurs, Léa Frédeval se souvient : "Dans tous les boulots que j'ai faits, que ce soit nettoyer des chiottes, faire du baby-sitting, serveuse ou recruteuse de donateurs, j'en ai fait des kilomètres de boulots comme ça. Juste à chaque fois se dire : je ne sais pas pourquoi je suis faite, mais c'est sûr que ce n’est pas ça".

Et d'ajouter : "Ce qui est éreintant, c'est de se dire : ceci n'est pas ma vie. Ça va changer, je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi. Je ne suis pas devenue folle et j'ai continué à avoir confiance en moi parce que je changeais de boulot très souvent. Mon maximum à un poste c'est un an, parce ce que j'avais un CDI".

Le film d'une génération

Léa Frédeval raconte le jour où elle a "compris qu'il fallait que ça bouge et que ce n’était pas possible". Alors qu'elle était hôtesse, son supérieur lui demandait d'attendre, de rester où elle était et de sourire alors qu'elle n'était plus payée et qu'elle devait aller passer un examen. Elle lui a rétorqué : "Non, tu ne me parles pas comme si j'étais une poupée. Et tout à coup, tout est sorti en même temps, toutes ces années de petits boulots payés 7 euros de l'heure".

Devenue porte-parole d'une certaine jeunesse, elle brise un tabou : "On est quand même dans la 5e puissance mondiale (...) mais on tait cette souffrance parce qu'on a de la chance, il y en a qui sont en train de mourir dans d'autres pays sous les bombes donc chut ! Mais ce qui jugé normal n'est pas forcément acceptable. Ce n'est pas parce qu'on dit : je ne suis pas d'accord qu'on se plaint ou qu'on fait du misérabilisme. On a le droit de dire qu'on mérite mieux".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.