Lido : Accor confirme la suppression de 157 postes sur 182 dans le cabaret parisien

Le groupe Accor, propriétaire de la salle de spectacles, explique jeudi dans un communiqué que le cabaret n'est plus rentable et connaît une baisse de fréquentation depuis 10 ans. 

Article rédigé par
Thomas Giraudeau - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Spectacle au Lido à Paris, le 10 septembre 2019. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le groupe Accor, qui a racheté le Lido de Paris à Sodexo en décembre 2021, confirme par communiqué jeudi 12 mai, la suppression de 157 postes sur les 182 que compte le cabaret. Des licenciements qui concernent principalement "les services en salle et artistiques".

Selon Accor, la salle de spectacles n'est plus rentable et "connaît depuis 10 ans une détérioration de son attractivité et une baisse continue de sa fréquentation". Une situation qui met "en péril sa pérennité", aggravée ces dernières années par les grèves et la crise sanitaire. "Sur la dernière décennie, les pertes cumulées s'élèvent à 80 millions d'euros", précise le groupe.

Transformation en salle de concert

La direction d'Accor a présenté aux représentants du personnel "un projet de réorganisation dont l'objectif est de redonner à cette salle parisienne sa pleine place dans le concert des scènes créatives françaises, nationales et internationales". Un projet qui nécessite des investissements "importants de rénovation des installations, la création d'une programmation de théâtre musical renouvelée, ainsi qu'une refonte du modèle de dîner-spectacle et revue". Le coût de ce chantier n'a pas été divulgué.

Accor assure la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi, impliquant "plusieurs mesures financières et d'accompagnement des collaborateurs dont des mesures de reclassement et de reconversion". Les consultations avec les délégués syndicaux et le CSE ont débuté. Le Lido de Paris a été créé en 1946 par Joseph et Louis Clerico.

"Comment se battre ?"

Laura est couturière. Elle a passé 33 ans à créer, broder, repriser des costumes au Lido. À la sortie de la réunion avec la nouvelle direction, elle tapote fébrilement sur son téléphone pour annoncer les mauvaises nouvelles à ses collègues, qui n'ont pas eu la force de venir. Son poste est supprimé, comme celui de la plupart des couturières. "Ça fait mal au cœur. Qu'est-ce qu'on doit faire ? Comment se battre ?", se demande-t-elle. "La plupart des gens au Lido, ça fait 34 ans, 37 ans qu'ils sont là, explique-t-elle, Il y en a certains, quand ils sont arrivés, ils avaient 15 ans."

"Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Mettre des gens comme ça dehors, allez hop ! On jette. Vu l'âge que j'ai, je ne trouverai pas un travail demain."

Laura, couturière au Lido depuis 33 ans

à franceinfo

La fin du cabaret, cela signifie que les danseurs et danseuses doivent aussi faire leurs valises. Et comme les repas avant et pendant le spectacle seront supprimés, les cuisiniers seront également licenciés. 

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