Les opposants à la loi antipiratage aux Etats-Unis gagnent un bataille

Le Sénat a reporté le vote de la loi, prévu mardi, en raison de la levée de boucliers des géants de l'internet, qui dénoncent un texte liberticide. 

Manifestation contre le Protect IP Act (Pipa) le 18 janvier 2012 à New York. 
Manifestation contre le Protect IP Act (Pipa) le 18 janvier 2012 à New York.  (MARIO TAMA / GETTY IMAGES / AFP)

Sursis pour les anti-Pipa. Le Sénat américain a reporté un vote, prévu mardi 24 janvier, sur la loi antipiratage sur internet, à l'étude au Congrès des Etats-Unis. Motif : le mouvement de protestation inédit, cette semaine, des géants de l'internet, tels Wikipédia et Google, contre ce projet.

Cette annonce intervient au lendemain de la décision de la justice américaine de fermer le site de téléchargement Megaupload, suivie de la riposte du collectif Anonymous, qui a piraté plusieurs sites, dont ceux du FBI, de la Maison Blanche et même de la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) en France. Ce dernier était d'ailleurs toujours indisponible, vendredi après-midi.

Droits d'auteur et contenus illégaux

Déposé au Congrès en mai 2010, le Protect IP Act (Pipa) permet de bloquer les sites en infraction avec le droit d’auteur. Son pendant, baptisé le Sopa (Stop Online Piracy Act), est à l'étude à la Chambre des représentants. Il vise à lutter contre les contenus illégaux - vidéos, musique, photos - diffusés sur internet.

Ces deux lois anti-piratage, qui ont donc pour objectif d’empêcher l’internaute d’accéder à des sites jugés illégaux, se rapprochent de la censure et attaquent la neutralité du net, selon les plus grands acteurs de l’économie numérique (Google, Wikipédia, Yahoo, Linkedin, Mozilla, Facebook...)

Même certains élus qui soutenaient initialement le projet de loi Pipa ont fait machine arrière cette semaine. "Il n'y a pas de raison que les problèmes légitimes soulevés par de nombreuses personnes au sujet de ce projet de loi ne soient pas résolus", a indiqué vendredi le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid.

Trouver un compromis dans les prochaines semaines

Il a toutefois réaffirmé que le Congrès devait "agir pour faire cesser ces pratiques illégales", car "la contrefaçon et la piraterie coûtent à l'économie américaine des milliards de dollars et des milliers d'emplois chaque année".

Harry Reid encourage la poursuite des discussions au Congrès pour "trouver un équilibre entre protéger la propriété intellectuelle et maintenir l'ouverture et l'innovation sur internet". Un compromis censé être trouvé dans les prochaines semaines.