Vidéo Charte pour des jouets mixtes : "Les fabricants ont travaillé sur des packaging plus neutres", explique un représentant de la filière

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"La réflexion s'est posée en se disant que le jouet occupe une part importante dans le développement de l'enfant. On doit l'inspirer et ne pas l'enfermer dans des stéréotypes de genre", explique le directeur général de la Fédération française des industries jouet puériculture. 

La nouvelle version de la charte pour une représentation mixte des jouets, signée le 29 novembre 2021, a pour but de "ne pas enfermer les enfants dans des stéréotypes de genre", a expliqué vendredi 3 décembre sur franceinfo Christophe Drevet, directeur général de la Fédération française des industries jouet puériculture (FJP). L'ensemble des acteurs de la filière jouet, les associations, les autorités de contrôle de l'audiovisuel et l'Union des marques ont signé cette charte, deux ans après une première version, en septembre 2019, qui a déjà conduit à un certain nombre d'avancées.

L'objectif est de moins genrer les jouets, en évitant par exemple que, dans les catalogues et les rayons des magasins, les filles soient cantonnés aux poupées, aux dinettes, aux appareils de ménage, avec des emballages roses, tandis que les garçons soient orientés vers les jeux de construction, les trousses de médecins, les déguisements de pompiers, avec des emballages bleus.

franceinfo : Pourquoi est-ce si important de faire en sorte qu'il n'y ait plus de jouets genrés ?

Christophe Drevet : Cette charte est partie d'un constat, soutenu par Agnès Pannier-Runacher, la ministre en charge de l'Industrie.

"On s'est rendu compte qu'il y avait un vrai déficit de femmes dans les filières scientifiques, les métiers d'ingénierie."

Christophe Drevet, directeur général de la FJP

à franceinfo

La réflexion s'est posée en se disant que le jouet occupe une part importante dans le développement de l'enfant, dès les premières étapes de sa vie. C'est là qu'on doit l'inspirer et ne pas l'enfermer dans des stéréotypes de genre. Dans ce cadre-là, cette charte est arrivée pour dire comment les fabricants, mais également les distributeurs, peuvent travailler le plus en amont possible, pour inspirer tous les enfants. Il ne s'agit pas d'inspirer plus les petits garçons ou les petites filles, mais comment leur donner à tous la possibilité de se retrouver dans l'offre.

Quel genre d'efforts ont été faits depuis l'application de cette charte ?

Les fabricants se sont engagés dans cette démarche depuis bien plus longtemps que ça. C'est un vrai sujet de société, très populaire ces dernières années. Et c'est assez normal. La société a évolué aussi dans ce sens. Les fabricants ont travaillé sur des packaging beaucoup plus neutres, mettant en scène à la fois des garçons et des filles. On voit autant de petites filles que petits garçons qui manipulent les jouets d'imitation, les dinettes, les aspirateurs. Ou bien, à l'inverse, un fabricant de gros tracteurs historiquement plutôt utilisés par les petits garçons, met aussi en scène une petite fille qui manipule son tractopelle dans les magasins de jouets.

On ressent quand même assez fortement la différence entre les jouets pensés pour les filles et ceux pour les garçons. C'est quand même très ancré, il y a de la sensibilisation à faire auprès des parents aussi ?

Le jouet en tant que tel a sa part, de façon évidente, mais également l'école, les parents dans cette approche de mixité générale, de diversité. Après, il faut savoir que, notamment au moment de Noël, énormément de saisonniers arrivent dans les magasins. Il faut donc les former. Une des mesures, un des engagements de cette charte pour la mixité, c'est d'avoir créé un manuel des bonnes pratiques et des tutoriels pour former les vendeurs.

"Si un couple arrive dans un magasin, ou bien des grands-parents, et qu'ils demandent des conseils, la première question à poser n'est plus celui du genre de l'enfant mais quel âge a-t-il, quels sont ses centres d'intérêt, ses passions."

Christophe Drevet

à franceinfo

Le conseil est souvent beaucoup plus pertinent.

La charte insiste aussi beaucoup sur les déguisements, parce qu'historiquement, les enfants avaient toujours des déguisements de superhéros. Et les filles, des rôles peut-être un peu moins ambitieux. Désormais, il y a aussi des vraies héroïnes, comme Ladybug, dans le dessin animé Miraculous. C'est important, un personnage féminin qui a le premier rôle ?

Le jouet reflète aussi le divertissement. C'est un objet de plaisir. Et donc, toutes ces héroïnes qui sont apparues du côté des dessins animés, le marché ne s'y est pas trompé. Ça peut même arriver que des petits garçons s'identifient à Wonder Woman ou à Ladybug. Après, ce qui est intéressant, c'est de voir également que maintenant, les petites filles ont aussi des vrais repères auxquels s'identifier, qui ne sont plus des faire-valoir aux supers héros masculins.

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