"Le Partage des milliards de la Résistance" : la véritable histoire de l’attaque du train de la Banque de France à Neuvic en juillet 1944

L’historien périgourdin Jean-Jacques Gillot livre, dans son dernier ouvrage, tous les détails sur ce vol exceptionnel de plus de deux milliards de francs opéré par la Résistance, le 26 juillet 1944, en gare de Neuvic-sur-l’Isle en Dordogne. Un vol qui verra naître l’expression "casse du siècle" et nourrira de nombreux fantasmes et fausses informations que l’auteur balaie dans ce livre.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'attaque du train de la Banque de France à Neuvic, le 26 juin 1944. (CAPTURE D'ÉCRAN FRANCE 3 / DR)

Fin juin 1944, les Alliés ont débarqué en Normandie et les rangs de la Résistance se renforcent un peu partout sur le territoire : des réseaux qui ont besoin d’argent pour s’équiper et organiser des opérations contre l’occupant. Il leur faut également rembourser leurs dettes auprès des commerçants ou paysans chez qui ils s’approvisionnaient en échange de bons de réquisition, destinés à être remboursés.

Sentant le vent tourner, le préfet par intérim de la Dordogne, vichyste convaincu jusqu’alors, va décider d’aider la Résistance locale en divulguant un transfert massif d’argent, par train, entre Périgueux et Bordeaux. Le 26 juillet 1944, 150 résistants attendent l’arrivée dudit train en gare de Neuvic, et s’en emparent avec la complicité des cheminots. Les quatre policiers affectés par le préfet à la surveillance du convoi, prévenus de l’attaque, laisseront faire...

Sur deux camions, ce sont 150 sacs de jutes remplis de billets qui sont chargés, un convoi qui pèse près de quatre tonnes et demi. Un butin exceptionnel de 2,280 milliards de francs, soit à peu près 450 millions d’euros est ainsi détourné.    

Dordogne : l’attaque du train de Neuvic en 1944

Pas de lingots

Les plus folles histoires ont ensuite circulé sur ce vol exceptionnel. Il ne s’agissait pas de l’argent des Allemands comme l’affirmaient certains, mais bien celui de État français. Il n’y avait pas non plus de lingots d’or à bord du train, contrairement là-aussi, aux rumeurs de l’époque.

L'ouvrage Le Partage des milliards de la Résistance - L'attaque du train de Neuvic-sur-l'Isle est une nouvelle publication du livre qui était sorti en 2000 et que Jean-Jacques Gillot avait co-écrit avec Jacques Lagrange (décédé en 2013). Il revient sur cette attaque du train de Neuvic enrichie de nouvelles découvertes. Ainsi, il révèle, par exemple, que l’intégralité de l’argent n’a pas uniquement servi la Résistance, mais qu'une grande partie du magot prendra la direction de la capitale pour rejoindre d'autres poches.

La première semaine de septembre 1944, les principaux partis politiques se réunissent au château de Fleurac et décident de se partager le pognon. (…) Donc on voit tout un tas de personnages douteux, glauques, d’intérêts partagés, de silences complices ; et le premier geste des partis politiques censés incarner la démocratie retrouvée, c’est de mettre la main dans le pot de confiture. Donc au-dela des sommes qui sont importantes, c’est le principe de la Résistance qui est violé

Jean-Jacques Gillot

 

"Le Partage des milliards de la Résistance - L'attaque du train de Neuvic-sur-l'Isle" (Les Livres de l'Îlot)

"Le Partage des milliards de la Résistance - L'attaque du train de Neuvic-sur-l'Isle" -  Jean-Jacques Gillot et Jacques Lagrange  - Editions Les Livres de l'Îlot (320p-20€)

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers En régions

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.