La lutte anti-nucléaire de la centrale de Plogoff en tournage avec les habitants du Finistère

"Plogoff, 1980" retrace le combat des habitants du Sud du Finistère contre l'implantation d'une centrale nucléaire. Pour son quatrième long métrage, le cinéaste Nicolas Guillou a fait appel à des habitants de la région directement impliqués dans la lutte. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Le tournage du 4e long métrage de Nicolas Guillou, "Plogoff, 1980", a débuté fin septembre avec des habitants du village du Finistère (France 3 Bretagne)

Voilà 40 ans que le projet de centrale nucléaire à Plogoff a été abandonné au terme d'un long combat populaire. Une lutte menée à l'époque par les habitants du Sud du Finistère là où se déroule le tournage du prochain film de Nicolas Guillou. Un film basé sur un fait réel qui n'en reste pas moins un récit de fiction construit autour de trois personnages de femmes : une jeune mère de famille, dont le mari, pêcheur, a disparu en mer, sa fille et la grand-mère maternelle.

Tournage film Plogoff

La grande histoire de la Bretagne

L'histoire de la centrale de Plogoff débute en mars 1974. La France peine à se relever du premier choc pétrolier. Le gouvernement Messmer veut accélérer la construction des centrales nucléaires. Objectif : 200 centrales en l’an 2000. Une centrale de 5 200 mégawatts est prévue en Bretagne. Plusieurs sites sont évoqués, Erdeven, Guimaec, Tréguennec et Plogoff. La lutte dans le village du Finistère commence dès 1976 quand l’État envoie des géologues faire des études sur le site. Toute la population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à deux pas de la Pointe du Raz, face à l’Île de Sein, dans cette baie d’Audierne ouverte sur l’Atlantique : "Ne perdez pas votre temps à mesurer quoi que ce soit, votre truc, on n’en veut pas !", dit alors un slogan de l'époque. 

Avec ce nouveau film, au titre provisoire de Plogoff 1980 Nicolas Guillou retrace les évènements de l'hiver 1980. "C'est vraiment la grande histoire de la Bretagne, quand j'étais ado, j'étais baigné par ces images que l'on voyait", rapporte le cinéaste pour qui la résistance est une valeur à préserver. "Se battre pour notre territoire, pour une idée démocratique, je trouve ça super beau". Le cinéaste s'est plongé dans les archives de l'époque et s'est rapproché des militants de l'époque. "Ce que je souhaitais, c'est qu'ils puissent lire le film pour corriger des erreurs, parce que même s'il est beaucoup informé par des documentaires ou la littérature, il me fallait du vivant et du vécu", assure-t-il.

La couverture d'un ouvrage qui retrace la lutte des militants anti-nucléaire (France 3 Bretagne)

Une oeuvre collective

Pour coller au plus près de la réalité, le cinéaste a fait appel à des figurants de la région. Certains d'entre eux, par leurs parents ou des amis, ont vécu au plus près les événements. "C'est génial de participer au film, surtout que certains commencent à disparaître", confie Éric Pennamen, habitant de Plogoff et comédien amateur pour l'occasion. Pour son film à petit budget, Nicolas Guillou a fait appel à la générosité des habitants de la région. Un élan participatif auquel de nombreux villageois ont répondu présents. Ici, une association de voitures anciennes de Pont-Croix qui fournit les véhicules d'époque. Là des commerçants, des agriculteurs, des pêcheurs qui apportent aussi leur aide. D'autres donnent un coup de main pour les décors de l'ancien lycée de Plouhinec. "Les gens se sont battus pour empêcher la centrale nucléaire, donc on continue à montrer qu'on voudra pas de centrale ici", assure Yann Carval, rouleau de peinture la main. 

Nicolas Guillou a encore besoin de figurants pour les scènes de manifestations. Un appel est lancé aux bonnes volontés. Les tournages auront lieu d'octobre à novembre, essentiellement les week-ends. 

La sortie nationale de Plogoff, 1980 est prévue début 2023.

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