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A Nice, la transformation de l’église et de l’ancien couvent des Franciscains met en valeur des fresques oubliées

Depuis l’été dernier, des centaines d’artisans et des restaurateurs du patrimoine s’affairent au chevet des deux bâtiments emblématiques du Vieux-Nice. Ils redonnent vie à des fresques et des décorations parfois vieilles de plusieurs siècles.

Article rédigé par Stéphane Hilarion
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Détail d'une fresque dans l'ancien couvent des Franciscains à Nice. (CAPTURE D'ÉCRAN FRANCE 3)

En avril prochain, l’église des Franciscains et l’ancien couvent attenant accueilleront le Théâtre national de Nice et des bureaux au terme d’énormes travaux de réhabilitation destinés à redonner vie à ces bâtiments emblématiques de la cité azuréenne, longtemps délaissés. Mais l’heure est encore à la restauration des fresques et décorations, sur les murs et surtout les plafonds, par des dizaines de spécialistes qui effectuent ici un véritable travail de fourmi.

Au deuxième étage de l’hôtel de l’Aigle d’Or, l’ancien couvent, ils sont plusieurs au chevet d’une fresque du 19e siècle. "Là, on est en train de colmater des trous, ce que l’on appelle des lacunes, avec un mortier à base de chaux. Ce plafond par exemple était recouvert de plusieurs couches de badigeon", explique Pierre Testud, restaurateur du patrimoine.

FRESQUES THEATRE DES FRANCISCAINS
FRESQUES THEATRE DES FRANCISCAINS FRESQUES THEATRE DES FRANCISCAINS (FTR)

Huit siècles d'histoire

Gratter des couches de peintures accumulées depuis des centaines d’années révèle les décors, véritables trésors du passé, finalement assez bien conservés sur les plafonds. Une scène antique, impressionnante par la qualité de sa réalisation, a subjugué les restaurateurs.  "Il faut vraiment être un virtuose pour arriver à sortir ce genre de décor. On voit que l’artiste avait déjà bien établi son plan de travail et déroulé son décor en une seule fois", précise Leonardo Gianuzzi, diagnostiqueur et restaurateur du patrimoine.  

En analysant les couleurs, les choix des matériaux, ces spécialistes ont pu dater ces fresques, décorations et ornements, comme une clef de voute aux couleurs du drapeau français, datant de la Révolution. En tout, ce sont huit siècles d’histoire qui se découvrent ici. "Le but c’était de retrouver tous les décors et toute la vie qui s'accumulent au fil du temps sur ces murs. On a des fonds qui sont assez géométriques, avec des dessins qui peuvent représenter des fleurs façon pochoir", souligne Roberte Dallo, conservatrice en charge du patrimoine.

Un chantier d’envergure qui aura coûté huit millions d’euros. Les fresques et décorations ainsi réhabilitées seront visibles à partir du mois d’avril.

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