À 77 ans, dernière séance pour le projectionniste du petit cinéma de Vervins dans l’Aisne

Une page se tourne dans la petite commune de Vervins, le projectionniste du Piccoli-Piccolo a décidé de passer la main. Après une soixantaine d'années au cinéma, il a projeté son dernier film, et transmis le flambeau à l’équipe de bénévoles qui va lui succéder. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Dernière séance pour le projectionniste du petit cinéma de Vervins dans l'Aisne. (CAPTURE D'ÉCRAN FRANCE 3)

Edmond Bourgeois a commencé comme placier dans le cinéma-théâtre de Vervins. Il avait 13 ans. Il en deviendra des années plus tard le projectionniste. Âgé aujourd’hui de 77 ans, ce passionné de cinéma, ancien agent des impôts, est contraint pour des raisons de santé de passer la main. Il y a quelques jours, il a assuré sa dernière projection, avec évidemment un peu de nostalgie.

C’était toujours un plaisir de voir les gens sortir du cinéma, contents. Ils avaient passé un bon moment. Et moi, ça me faisait plaisir.

Edmond Bourgeois

FTR

La relève est assurée

C’était l’inquiétude d’Edmond Bourgeois, obligé de renoncer à assurer parfois jusqu’à quatre séances par semaine : quelqu’un allait-il prendre la relève ? Le cinéma allait-il, comme dans de nombreuses petites communes rurales ces dernières décennies, devoir baisser le rideau ? Les temps ont changé, les campagnes retrouvent des habitants et les petits cinémas revivent. À Vervins, dont la mairie a tenu à saluer les années d’engagement du projectionniste, tout le monde est ravi qu’une douzaine de personnes de la commune et des environs se soient portées volontaires pour assurer la relève.

Parmi eux Virginie, une des bénévoles engagés dans l’aventure, qui profitait de la dernière séance d’Edmond pour faire, elle, sa première séance : "Se retrouver devant des machines qu’on ne connaît pas, avec un public qui attend une projection à une certaine heure, on n’a pas le droit à l’erreur. C’est vrai que c’est stressant, mais en même temps, je veux qu’on réussisse et qu’on fasse perdurer le cinéma".

De son côté, Edmond Bourgeois part tranquille. Et il promet de ne surtout pas se montrer envahissant avec ses successeurs : "De chez moi, je regarderai dans le journal et s’il y a un film qui m’intéresse, je viendrais faire un tour. Mais je ne vais pas venir les embêter".

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