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Cinq choses à savoir sur Aurélie Dupont, la nouvelle directrice de l'Opéra de Paris

L'ancienne danseuse étoile remplace Benjamin Millepied, démissionnaire. Le couronnement d'une longue carrière dans cette institution prestigieuse.

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Aurélie Dupont, alors danseuse étoile, le 15 avril 2015 à Paris, lors de l'annonce de ses adieux à la scène.  (BERTRAND GUAY / AFP)

C'est officiel. Aurélie Dupont incarne le nouveau visage de l'Opéra de Paris, en remplacement de Benjamin Millepied, directeur démissionnaire. "Avec l'Opéra, c'est vraiment une histoire d'amour. Qui rentre y perd son âme, on tombe amoureux de cette maison et de ce qu'elle représente", a-t-elle expliqué face à la presse, jeudi 4 février. "Je me suis dit : 'Oui, Aurélie, tu es légitime pour le faire, tu peux le faire, c'est ta place, c'est ta maison'."

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1Un profil opposé à celui de Benjamin Millepied

L'ancienne danseuse étoile a reconnu qu'elle n'avait "aucun talent pour la chorégraphie", au contraire de son prédécesseur, écartelé entre son rôle de directeur et ses envies de créateur. "L'Opéra, c'est une vieille dame et il faut la respecter (...). On ne peut pas la changer tout de suite", a-t-elle aussi ajouté. Après une carrière fulgurante aux Etats-Unis, Benjamin Millepied avait été propulsé à la tête du ballet en 2013. Aurélie Dupont, elle, est issue du sérail : elle y a débuté à l'âge de 10 ans. Aujourd'hui âgée de 42 ans, elle en compte donc 32 dans la maison, dont "17 ans en tant qu'étoile". Avec modestie, elle a fait le vœu de "faire de son mieux", en rupture avec le glamour et l'assurance de son prédécesseur.

2Elle venait de raccrocher les chaussons

Son prédécesseur, Benjamin Millepied, lui avait confié de très beaux rôles, saluant en mai dernier sa "musicalité, [son] élégance, [son] savoir d'actrice". Cette dernière a raccroché ses chaussons dans un grand ballet tragique, L'Histoire de Manon. Dans ses cartons, elle emporte alors six albums photos et un carton de lettres, qui contient une demande en mariage d'un admirateur de 75 ans, apprend-on alors dans le Journal du dimanche. "C'était difficile de quitter la scène il y a quelques mois", a-t-elle répété en conférence de presse.

3Retenue à 10 ans parmi 1600 candidates

Dès l'âge de 10 ans, elle fait ses classes parmi les "petits rats" de l'école de danse, après avoir été retenue parmi 1600 candidates, précise le JDD. Pur produit de l'école de danse, Aurélie Dupont a aussi connu les souffrances d'un enseignement extrêmement exigeant, voire rigide : "Pour me rendre intouchable, j'avais compris qu'il fallait avoir une technique irréprochable." Agée de 16 ans, elle vit très mal l'exclusion de sa sœur Benjamine, qui avait suivi la même voie. "C'est horrible, odieux. Les élèves sont expulsés comme de vulgaires pions", explique-t-elle dans Marie-Claire, en 2001. La voici filmée par Cédric Klapisch, durant ses jeunes années.

4Révélée en 1997 par Pina Bausch

Cette perfectionniste a dansé tous les grands ballets du répertoire, mais sa vraie personnalité s'est révélée après sa rencontre avec Pina Bausch, qui l'a choisie pour incarner le rôle de l'Elue dans Le Sacre du Printemps, en 1997. "Pina Bausch m'a mise à poil complètement. J'ai compris que si j'acceptais de baisser la garde, j'allais sortir du carcan où je m'étais mise." Pour elle, c'est un déclic. De La Dame aux camélias à Roméo et Juliette, elle devient l'étoile des grands rôles tragiques. "A chaque fois que je meurs à la fin, j'adore !"

5Une blessure au genou a failli lui coûter sa carrière

Aurélie Dupont est nommée étoile en 1998, mais six mois plus tard, elle réalise qu'elle souffre d'une fracture au cartilage du genou depuis plus d’un an, précise le Harvard Business Review (en anglais). Depuis tout ce temps, elle dansait malgré la douleur. "J’ai été opérée, on m’a dit que je ne danserais plus", explique-t-elle au magazine Elle. Prise en charge par un kiné, elle parvient pourtant à remonter sur scène et à adapter sa technique, pour composer avec cette faiblesse et ces douleurs, qui la poursuivent encore aujourd'hui. "C’est un handicap avec lequel je vis. Même pour attraper mon bus !"

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