"World War Z" : comment survivre à une attaque de zombies ?

Le film de Marc Forster, avec Brad Pitt, raconte l'histoire d'une invasion de morts-vivants. Et si c'était vrai ?

Brad Pitt chasse des zombies dans \"World War Z\", sorti le 3 juillet 2013.
Brad Pitt chasse des zombies dans "World War Z", sorti le 3 juillet 2013. (KOBAL / AFP)

Ne faites pas comme si vous n'y aviez jamais pensé. Une démarche titubante, des yeux vitreux et la voracité de requins blancs : la figure du zombie nous hante, nous poursuit. A la télé, au cinéma, en livres ou en BD, ils sont partout. Mercredi 3 juillet, ils seront plus nombreux que jamais dans World War Z, adaptation par Marc Forster de l'ouvrage de Max Brooks (fils de Mel).

Gerry Lane (Brad Pitt), un ancien enquêteur de l'ONU, reprend du service après la propagation fulgurante d'un virus qui transforme les humains en zombies. Et si ce scénario se réalisait ? Comment survivre à une attaque de morts-vivants ? Petit guide inspiré de World War Z et d'autres œuvres.

Renoncer aux idéaux démocratiques

Le premier enseignement de Max Brooks, également auteur d'un Guide de survie en territoire zombie, c'est que l'état d'urgence nous force à devenir impitoyables. Et donc à ne pas trop s'accrocher aux idéaux démocratiques. Dans son livre, l'Afrique du Sud réinstaure une forme d'apartheid hygiéniste, Israël construit un mur gigantesque pour repousser des zom-vahisseurs et l'Inde détruit les ponts qui relient les plaines aux montagnes encore épargnées – évidemment, sans consulter les communes du coin. Philosophiquement, cela donne, en gros : Hobbes 1 - Rousseau 0.

Se méfier des scientifiques…

On le sait depuis Frankenstein, de Mary Shelley, ou La Mouche, de David Cronenberg, les scientifiques ne sont pas toujours d'excellente compagnie. En plein conflit mondial, certains pourraient être tentés de mener des expériences  dangereuses : le cerveau des zombies est-il mort à 100% ? Pourquoi ont-ils tout le temps faim ? Existe-t-il un antidote pour s'en préserver ? Autant de questions qui turlupinent un médecin de la BD/série The Walking Dead, lequel manque d'ailleurs de se faire happer tout cru par son patient geignard.

… des multinationales

Même ceux qui ont voté pour Alain Madelin en 2002 doivent s'y résoudre : le capitalisme sera l'un des principaux ennemis de l'humanité en cas d'attaque. Les labos pharmaceutiques se lanceront dans une course au vaccin, que seuls ceux qui ont vu Contagion (Steven Soderbergh) seront heureusement en mesure de dénoncer. Comme dans District 9, de Neill Blomkamp, les multinationales de l'armement trahiront la population pour faire copain-copain avec les zombies. Même les applications smartphone déjà disponibles ne seront d'aucun secours, puisqu'il sera devenu impossible de recharger son appareil.

… et de son entourage

En milieu hostile, on ne peut plus compter sur grand monde. Les obèses, les enfants ou encore les vieillards vous ralentiront dans votre fuite. Laissez-les de côté ! Comme vos proches n'hésiteront pas à vous dévorer le moment venu, mieux vaut leur dire adieu tout de suite, à la manière de Shaun, qui tue sa mère dans Shaun of the Dead, d'Edgar Wright. Un moment de faiblesse, et c'est risquer de finir en barbecue, cuisiné par des humains cannibales (quoi, vous n'avez pas lu The Road, de Cormac McCarthy ?) En résumé, greffez-vous à un groupe de moins de dix personnes, pas trop bavardes et bien équipées.

Partir en croisière

Reste maintenant à savoir où aller. Les bâtiments barricadés sont tentants, mais peuvent se révéler piégeux. La Sibérie, le Sahara, l'Himalaya ? Trop difficile d'y survivre avec un simple canif. L'idéal, si vous n'avez pas le mal de mer et que vos réserves d'eau sont suffisantes, c'est de partir en bateau. Les zombies, aux capacités physiques réduites, se noieront dans votre sillage. Francetv info vous conseille même, dès aujourd'hui, de reconstituer dans votre garage la machine recycle-urine de Waterworld, qui permet à Kevin Costner de se désaltérer tranquillement.

Se procurer des armes (beaucoup)

Il n'y a pas cinquante mille façons de tuer un zombie. Contrairement aux vampires, il faut viser la tête et non le cœur. L'arracher complètement, ou au moins perforer le cerveau. Ceux qui vivent près d'une caserne militaire partent avantagés, puisqu'ils pourront se procurer des armes de guerre utilisables à distance. Faute de mieux, les couteaux de cuisine, haches, machettes et clubs de golf sauront se montrer redoutables au corps-à-corps. Et ne sous-estimez pas la tondeuse à gazon, particulièrement efficace dans Braindead, de Peter Jackson. 

Adopter le style "zombie"

Une guerre mondiale zombiesque ressemblerait-elle aux deux conflits internationaux du XXe siècle ? C'est l'hypothèse que défend Max Brooks dans World War Z. En plus des humains sains et des zombies, il invente une troisième catégorie de population, les "quislings", c'est-à-dire les collabos, ceux qui se font passer pour des zombies afin d'échapper au massacre. Devenir un zombie-traître nécessite : 1. de se couvrir de sang de zombie pour ne pas sentir la chair fraîche ; 2. d'apprendre à marcher de travers en grognant ; 3. de ne pas cligner des yeux, seule caractéristique qui permet de distinguer les vrais des faux morts-vivants, selon Brooks ; 4. accessoirement, d'abandonner quelques principes moraux.

Dernière recommandation : n'oubliez pas de filmer vos aventures. Qui sait, les survivants qui tomberont dessus en feront peut-être un film "found footage" digne de [REC] (Paco Plaza, Jaume Balaguero) ou Cloverfield (Matt Reeves).