Tom Cruise, Oscar du pétage de plombs

"Mission : Impossible - Protocole Fantôme" sort demain en salles, mais le plus célèbre des scientologues n'a plus la cote à Hollywood. Le sex-symbol des années 1990 s'est mué, au fil des années, en prosélyte un rien dérangé.

Tom Cruise dans \"Night And Day\" (2010).
Tom Cruise dans "Night And Day" (2010). (KOBAL / THE PICTURE DESK)

Pour la promotion du quatrième volet de Mission : Impossible, qui sort mercredi 14 décembre en France, le Times Of India révélait que des figurants avaient été embauchés pour applaudir Tom Cruise à son arrivée à l’aéroport de Bombay (Inde). "Nous ne savons pas exactement (ce qu'il fait), mais 300 roupies pour passer une heure devant l’aéroport, c'est pas mal", a témoigné l'un des Indiens embauchés pour l'occasion.

Au-delà du pathétique, l’anecdote est symptomatique de la débâcle que traverse depuis plusieurs années le héros de Top Gun, Rain Man ou Eyes Wide Shut, et qui fut l’un des hommes les plus influents d’Hollywood. Depuis que le gendre idéal a craqué pour Katie Holmes, le vernis aussi, et Tom Cruise a de plus en plus de mal à réprimer son enthousiasme pour l'Eglise de Scientologie. Au point de se faire remercier par le studio Paramount pour "comportement inacceptable" et "suicide créatif".

Il maltraite le sofa d'Oprah Winfrey

Pour son premier pétage de plombs, Tom Cruise a choisi le talk-show le plus regardé des Etats-Unis, celui d’Oprah Winfrey. Le 23 mai 2005, l’acteur est incapable de rester assis sur le fameux canapé.

Surexcité, il se lève toutes les trente secondes, pose un genou à terre, saute sur le canapé, ne répond à aucune des questions que lui pose la présentatrice. La raison d’un tel cirque ? Katie Holmes, avec qui l’acteur sort depuis moins de deux mois. "Je l’aime, dit-il. Je ne vais pas faire semblant."

Et personne ne va faire semblant qu'il ne s'est rien passé, Tom. Bondir sur le sofa d’Oprah devant neuf millions de téléspectateurs, ça laisse des traces. Désormais, quand une célébrité pète un plomb en public, on dit qu’elle "jump the couch", littéralement, qu’elle "saute sur le canapé".

Et les parodies sont nombreuses : "Tom Cruise Kills Oprah" ou bien celle du film Scary Movie 4

Il affirme que la psychiatrie est un "crime contre l’humanité"

Attention, un Tom Cruise peut en cacher un autre. Un mois après s’en être pris au sofa de Madame Winfrey, l’acteur se paye les psychiatres. Interviewé sur la chaîne américaine MSNBC pour la sortie du film La guerre des mondes, Tom le scientologue déclare : "Je sais que la psychiatrie est une pseudo-science". A son interlocuteur, qui lui dit connaître des gens ayant bénéficié de traitements efficaces, l’acteur assène : "Voila le problème. Vous ne connaissez pas l'histoire de la psychiatrie. Moi, oui."

Et de conclure, tout en finesse : "Quand on regarde les résultats, on voit bien qu’il s’agit d’un crime contre l’humanité."

Il prend la série "South Park" en grippe

Le 16 novembre 2005, la série animée South Park, qui rassemble en moyenne trois millions de téléspectateurs chaque semaine sur la chaîne Comedy Central, diffuse un épisode satirique vis-à-vis de l’Eglise de Scientologie et de ses membres les plus éminents, Tom Cruise et John Travolta.

En plus de taxer la secte de "grosse escroquerie", l’épisode fait allusion à l’homosexualité supposée de Cruise. Furieux, l’acteur, qui venait de tourner Mission Impossible 3, aurait menacé Paramount, propriété de Viacom, avec Comedy Central, de ne pas assurer la promo du film si l’épisode était rediffusé comme prévu le 15 mars 2006. La chaîne obtempère, mais Tom Cruise et son agent démentent les rumeurs de censure. L’épisode incriminé est néanmoins rediffusé trois fois en 2006.

Il se transforme en super-héros de la scientologie

Coup de grâce : le 13 janvier 2008, deux jours avant la sortie d’une biographie non-autorisée de l’acteur (Tom Cruise. Sa vraie histoire, par Andrew Morton), un clip de neuf minutes où l’on voit un Tom Cruise survolté vanter les mérites de l’Eglise de Scientologie se retrouve par accident sur internet. La vidéo date en fait de 2004, elle a été diffusée lors d’une cérémonie de la secte pour la remise de la Freedom Medal of Valor à Tom Cruise, une distinction créée spécialement pour lui.

Face caméra, la musique de Mission : Impossible en fond, l’acteur, hystérique, hilare, puis grave, fait l’apologie d’une religion qui ferait de ses adeptes des surhommes. D’après lui, les scientologues ont "le pouvoir d’empêcher les gens de se droguer, (…) le pouvoir sur leur esprit, (…) le pouvoir d’améliorer les choses". Et de conclure : "Nous pouvons amener la paix et unir les cultures."

Et ressusciter les morts ? Chiche : "Quand vous êtes scientologue et que vous passez à côté d’un accident sur la route, (…) vous savez que vous êtes le seul à pouvoir vraiment faire quelque chose."

Guido Knopp, un historien allemand de renom, a même comparé l’acteur américain au ministre nazi de la propagande. "Tom Cruise se met en scène comme Goebbels", explique l’expert de la Seconde Guerre mondiale.

Une bien mauvaise pub pour Walkyrie, qui sort la même année, et où Tom Cruise incarne le colonel Stauffenberg, conspirateur chargé d’assassiner Hitler en 1944. Sachant qu’à l’arrivée de l’équipe de tournage à Berlin, Berthold von Stauffenberg, fils du militaire complotiste, déclarait : "Il m'est désagréable que quelqu'un qui se reconnaît dans l'Eglise de Scientologie interprète mon père."

Il est cité dans une enquête du FBI pour "esclavagisme"

En février dernier, le réalisateur et scénariste Paul Haggis (Million Dollar Baby, Casino Royale), qui s’est retiré de la Scientologie après trente-quatre ans de bons et loyaux services, révèle de nombreux secrets de la secte dans un long article pour The New Yorker.

On y apprend que Tom Cruise et le "pape" de l’Eglise, David Miscavige, sont impliqués dans une enquête récemment ouverte par le FBI pour trafic d’êtres humains et esclavagisme moderne, rapporte le Huffington Post. Les deux scientologues auraient forcé des travailleurs à rénover des bâtiments, réparer motos et bateaux pour… 38 euros par semaine.

Un peu chiche pour quelqu'un qui, selon Vanity Fair, aurait gagné près de 10,6 millions d'euros cette année.