"Spider-Man: Across the Spider-Verse" : l'homme-araignée, revient, toujours sous les traits de Miles Morales, ado cool de Brooklyn

Spider-Man revient dans un film d'animation de 2h20 qui se veut "un film d'art et d'essai déguisé en film de super-héros", qui voyage dans le multivers
Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Image de "Spider-Man: Across the Spider-Verse" (Copyright 2023 CTMG, Inc. All Rights Reserved.)

Cinq ans après s'être servi du dessin animé pour casser les codes de Spider-Man, Miles Morales, la nouvelle mouture jeune et métissée de l'homme-araignée, revient avec une suite qui ambitionne de frayer avec le cinéma d'auteur.

Spider-Man: Across the Spider-Verse, qui sort mercredi en France, poursuit la réinvention du super-héros sous les traits d'un adolescent hispano-afro-américain, introduit dans le New Generation de 2018.

Comme dans le précédent volet, récompensé par un Oscar, ce film d'animation creuse le sillon d'un retour aux sources esthétiques des comic books, en mêlant le coup de crayon intemporel de la bande dessinée aux dernières techniques d'animation assistée par ordinateur.

Le plus grand film indépendant du monde ?

Le succès du premier volet "nous a donné la permission d'être encore plus audacieux pour ce film", confie à l'AFP Justin K. Thompson, l'un des trois réalisateurs derrière cette suite. "J'ai l'impression que nous avons eu la chance inouïe, en tant que réalisateurs, de faire le plus grand film indépendant du monde", estime le cinéaste. "Il s'agit en fait d'un film d'art et d'essai déguisé en film de super-héros."

Le style ultra-coloré, mélange entre les fulgurances pop d'Andy Warhol et Roy Lichtenstein et l'insouciance du street art, forme la toile de fond d'une intrigue se déroulant dans plusieurs univers parallèles. Chaque dimension a ainsi le droit à sa propre identité visuelle. Le spectateur se retrouve plongé dans le New York grunge des années 1990, représenté à grands coups de pinceaux, ou dans une version kaléidoscopique d'un Manhattan qui aurait fusionné avec Bombay.

On y retrouve Miles Morales, nouveau visage de Spider-Man apparu dès 2011 dans les bandes dessinées. Cet ado cool de Brooklyn, fils d'une infirmière latino et d'un policier afro-américain, a une histoire familière. Comme Peter Parker, le héros originel de la saga, il a été mordu par une araignée radioactive et se balance entre les gratte-ciel de Manhattan pour combattre le crime.

Multivers

Mais le jeune métis, avec son penchant pour les baskets branchées et la musique hip hop, apporte un nouveau souffle au justicier. Un renouveau autorisé par le concept de "multivers", ces dimensions parallèles dans lesquelles différentes versions des mêmes personnages existent, et interagissent parfois. Maniée par les comic books depuis des décennies, cette notion est devenue incontournable depuis quelques années à Hollywood, qui la décline à toutes les sauces pour étoffer ses franchises de super-héros.

Mais sa popularisation récente sur grand écran date des premières aventures de Miles Morales dans Spider-Man: New Generation, où plusieurs versions de l'homme-araignée, en femme, en détective privé avec imperméable et borsalino, à la manière des films noirs des années 1930, ou encore en Spider-cochon, s'entrecroisaient.

"Ce qui nous a frappés avec le premier film, c'est qu'il n'y a eu aucune résistance à l'idée d'un multivers, que le public était tout à fait d'accord et qu'il n'était pas perdu", explique Christopher Miller, coproducteur des deux dessins animés. "Cela a permis à ce film d'aller dans des endroits encore plus spectaculaires et d'introduire des personnages plus inhabituels." Le nouveau volet propose ainsi de nouvelles itérations de Spider-Man, notamment en punk rocker britannique ou en adolescent indien aux couleurs de Bollywood.

Un récit complexe de 2h20

Le long-métrage repose sur le travail de plus de 1000 artistes différents et affiche une durée de 2h20, inhabituelle pour un film d'animation américain. Doublée d'un récit complexe, cette durée a suscité quelques critiques. D'autant que l'intrigue s'allonge à la manière d'une série : Across the Spider-Verse sera suivi d'un autre volet l'année prochaine, intitulé Beyond the Spider-Verse.

Mais ses créateurs rejettent l'idée que film d'animation rime nécessairement avec brièveté. Car les moments moins rythmés du premier film, où Miles se rapproche de son père et de son oncle, étaient parmi les préférés des fans.

"Les sommets ne sont pas aussi élevés si les creux ne sont pas aussi beaux", estime le coréalisateur Joaquim Dos Santos. Avec une durée plus courte, "ce sont ces moments que l'on perd, ceux justement qui rendent le film intéressant", renchérit son collègue Kemp Powers, qui a également coécrit le dessin animé Soul de Pixar.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.