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"Vif argent", une histoire d'amour sensible et onirique, Prix Jean Vigo 2019

Une déambulation dans un Paris rêvé aux frontières de l’au-delà habite cette première fiction de Stéphane Batut.

Article rédigé par Jacky Bornet
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Judith Chemla et Thimotée Robart dans "Vif argent" de Stéphane Batut (Copyright Les Films du Losange)

Après un documentaire sur une cérémonie funéraire tibétaine où le corps d’un défunt est offert en pâture aux vautours, c’est encore la mort qu’invite Stéphane Batut dans son premier film de fiction. Vif argent, Prix Jean Vigo 2019, voit le fantôme d’un jeune homme fraîchement décédé tomber amoureux d’une jeune femme qui l’aurait connu dans une autre vie. Sur les écrans le mercredi 28 août.

Fantôme de la nuit

Juste se réveille une nuit sur la voie ferrée de la petite couronne à Paris, après ce qui semble avoir été une agression. Errant dans les rues jusqu’au matin, il s’aperçoit que personne ne le voit, comme s’il était invisible. Sauf un homme qui le prend par la main pour le guider sur l’autre rive. Une jeune femme, Agathe, le remarque enfin : ils tombent amoureux. Mais bientôt Juste disparaît à ses yeux et il voit à son tour des personnes que nulle autre ne voit. Il les prend à son tour sous son aile pour les guider de l’autre côté du pont. Il parvient à retrouver Agathe : mais elle, comment pourrait-elle aimer un fantôme ?
CMS-ContentHasMedias_4005459Etrange récit qu’a concocté et mis en scène Stéphane Batut. Il semble faire écho au célèbre intertitre de Nosferatu de Murnau (1922), "Quand il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre". A la différence que Juste est lui-même un fantôme et que d’autres vont venir à lui. Le pont, lui, est toujours là, et reste à traverser pour atteindre l’autre rive. Tous ces spectres hantent la ville et ne semblent pas avoir compris qu’ils sont morts. Ou peut-être ne veulent-ils pas l’admettre. L’on dit souvent que les fantômes sont des âmes qui ne se décident pas à quitter la vie terrestre, parce que trop attachées à elle.

Alchimie

Ça pourrait bien être le cas de Juste qui révèle n’avoir jamais connu l’amour, avant de rencontrer Agathe. Un manque qu’il chercherait à combler alors ? Et qui, une fois comblé, le retiendrait encore plus sur terre ? Le Vif argent du titre du film de Stéphane Batut, c’est Juste. Il renvoie au nom donné en alchimie au mercure, métal argenté paradoxalement liquide et à la mobilité extrême. Tout comme Juste, décédé, il devrait être inerte, et pourtant il bouge, et lui est toujours vivant. Ainsi dit-on d’une personne très vive, très remuante, qu’elle est du vif argent. En effet, pour un mort, Juste bouge beaucoup…

Thimotée Robart et Judith Chemla dans "Vif argent" de Stéphane Batut (Copyright Les Films du Losange)
Car l’on erre sans cesse dans les rues de Paris dans Vif argent. Un Paris majoritairement nocturne. Une nuit qui enlace la ville dans une gangue poétique, hors du temps. Le film s’apprécie telle une ballade sentimentale, nonchalante, un peu planante. Comme lorsqu’on marche à dix centimètres au-dessus du sol quand on est amoureux et que l’on se sent vivant.
L'affiche de "Vif argent" de Stéphane Batut (Copyright Les Films du Losange)

La fiche

Genre : Drame fantastique
Réalisateur : Stéphane Batut
Acteurs : Thimotée Robart, Judith Chemla, Djolof Mbengue, Saadia Bentaïeb, Jacques Nolot, Antoine Chappey

Pays : France
Durée : 1h46
Sortie : 28 août 2019
Distributeur : Les Films du Losange
Synopsis
 : Juste erre dans Paris à la recherche de personnes qu’il est seul à voir. Il recueille leur dernier souvenir avant de les faire passer dans l’autre monde. Un jour, une jeune femme, Agathe, le reconnaît. Elle est vivante, lui est un fantôme. Comment pourront-ils s’aimer, saisir cette deuxième chance ?

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