"Tanguy, le retour" : Etienne Chatiliez retrouve sa petite famille 18 ans plus tard

Après neuf ans d’absence et des succès mitigés ("La Confiance règne", "Agathe Cléry", "L’Oncle Charles"), Etienne Chatiliez retrouvera-il les quatre millions d’entrées de "Tanguy" (2001), avec sa suite, "Tanguy, le retour" ? Il renoue 18 plus tard avec André Dussollier et Sabine Azéma encombrés par leur fils, Eric Berger, désormais âgé de 44 ans… Même attendue, la petite musique fonctionne encore.

 Eric Berger, Sabine Azéma et André Dussollier dans \"Tanguy, le retour\" d\'Etienne Chatiliez
 Eric Berger, Sabine Azéma et André Dussollier dans "Tanguy, le retour" d'Etienne Chatiliez (SND)

Retour à l’envoyeur

Il n’est pas incongru qu’Etienne Chatiliez donne une suite à "Tanguy", puisqu’à la fin du film le personnage s’envolait vers la Chine avec sa toute fraîche épouse. On pouvait légitimement se demander ce que ce grand garçon de 26 ans, accro à ses parents, allait devenir. Dix-huit ans plus tard, âgé de 44 ans, Tanguy (Eric Berger) revient chez papa-maman avec sa fille de 17 ans, Zhu, après s’être fait plaquer par son épouse Meï, restée en Chine. Bouleversés par cette rupture, ses parents l’accueillent avec chaleur. Ils vont vite déchanter et revivre l’enfer à domicile, avec ce grand fils indélogeable.
L’idée de de cette suite n’émane pas du réalisateur mais de son producteur. On prend les mêmes et on recommence ! La formule colle parfaitement au film, les ressorts de l’intrigue reposant toujours sur l’incrustation de Tanguy dans le nid familial. Toutefois échaudés par le procès que leur avait intenté leur fils dans le premier opus, Paul (André Dussolier) et Edith (Sabine Azéma) sont plus réactifs. La présence de la fille de Tanguy, de son petit ami, et le retour de son épouse offrent également des opportunités pour renouveler les péripéties.

Reportage : E. de Pourquery / S. Gorny / E. beraud / J.-M. Lequertier / G. Pinot / E. Rassat / S. Korwin

Poil à gratter

"Tanguy" mettait le doigt sur un phénomène de société avec perspicacité. Le prénom du titre est spontanément devenu un nom commun pour désigner un fils restant plus que de raison chez ses parents. Un phénomène rare pour un film et révélateur de son impact. Etienne Chatiliez a le chic pour trouver des sujets en phase avec la société française contemporaine, comme l’inversion d’enfants de classes sociales opposées dans une maternité ("La vie est un long fleuve tranquille"), ou le poison que peut être une aïeule dans une famille ("Tatie Daniel"). Chatiliez, c’est un peu le poil à gratter du cinéma français.
Nicolas Tang, Eric Berger et Emilie Yii Kang dans \"Tanguy, le retour\" d\'Etienne Chatiliez
Nicolas Tang, Eric Berger et Emilie Yii Kang dans "Tanguy, le retour" d'Etienne Chatiliez (SND)
"Tanguy, le retour" ne renouvelle pas toutefois ces deux réussites, ni celle de son modèle. Après la réaparition de Tanguy, l’action polarisée autour de sa fille et ses retrouvailles avec son épouse, ne renouent pas avec la dimension tragicomique du procès du premier film. Reste que l’on prend plaisir à retrouver des personnages et comédiens attachants, toujours à leur place, avec une intrigue donnant lieu à des situations cocasses.
\"Tanguy, le retour \" : l\'affiche
"Tanguy, le retour " : l'affiche (SND)

LA FICHE

Comédie de Etienne Chatiliez
Pays : France
Durée : 1h33
Distributeur : SND
Sortie : 10 avril 2019

Synopsis : 16 ans plus tard, Tanguy, qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu sous le bras car Meï Lin l’a quitté. Catastrophés de voir leur "tout-petit" dans cet état, Paul et Édith font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents…