"Les Parfums" avec Emmanuelle Devos : la comédie qui fleure bon le retour en salles

Avec Emmanuelle Devos et Grégory Magne dans une très agréable comédie, le film est sur mesure pour faire revenir le public au cinéma.

Emmanuelle Devos dans \"Les parfums\" de Grégory Magne.
Emmanuelle Devos dans "Les parfums" de Grégory Magne. (PASCAL CHANTIER / LES PYRAMIDES)

Privés de grosses machines américaines depuis la réouverture des salles, les distributeurs privilégient les films français. Dans Les Parfums, Emmanuelle Devos confirme son goût pour la comédie (Mes jours de gloire). Femme de tête, elle est confrontée à Grégory Montel (Les Chatouilles) en chauffeur empêtré dans son divorce. Un beau duo d’acteurs, dirigé avec élégance par un Grégory Magne (L’Air de rien) inspiré.

Tandem

Anne Walberg (Emmanuelle Bedos), célèbre nez de la parfumerie, met son art au service d’entrepreneurs et d’industriels pour créer des ambiances olfactives, ou corriger des nuisances environnementales. Diva de la profession, elle empoisonne tous ses collaborateurs. Quand elle emploie comme chauffeur Guillaume (Grégory Montel), en difficulté pour avoir la garde de sa fille, elle va se remettre en question…

Le duo employeur(e) avec chauffeur a donné plus d’une réussite : Tandem (Patrice Leconte, 1987), Miss Daisy et son chauffeur (Bruce Beresford, 1989) ou encore récemment Green Book (Peter Farrelly, 2019). Grégory Magne se prête bien à l’exercice en reprenant Grégory Montel, l’acteur de son touchant L’Air de rien (2011), où il donnait la réplique à Michel Delpech pour la première fois à l’écran. Le cinéaste évoque dans ces deux films l’émergence d’une tendresse entre deux êtres aux antipodes l’un de l’autre, au rythme de leurs déplacements sur les routes de France. Ceux d’une tournée musicale dans le premier, puis de rendez-vous professionnels dans le second.

Comédie sophistiquée

Grégory Magne soigne ses scénarios, qui reposent plus sur des personnages bien dessinés que sur des intrigues. Si la situation règle leurs rapports psychologiques, c’est leurs natures antinomiques qui pimentent le récit. Un chanteur sur le retour et un huissier dans L’air de rien, une femme d’affaires et un prolo dans Les Parfums. L’auteur et réalisateur creuse l’élégance de sa mise en scène dans son nouveau film. Un soin remarquable dans les cadrages et la lumière donne la dimension requise au grand écran, par rapport à nombre de comédies réalisés avec une économie de moyens propre aux téléfilms.

Emmanuelle Devos et Grégory Montel dans \"Les Parfums\" de Grégory Magne.
Emmanuelle Devos et Grégory Montel dans "Les Parfums" de Grégory Magne. (Pyramide Distribution)
On est donc plus du côté de la comédie sophistiquée à la Ernst Lubitsch que du burlesque à la Jean Girault. Un exercice parfaitement maîtrisé, auquel se prête Emmanuelle Devos et Grégory Montel avec un plaisir partagé, pour recomposer avec bonheur le duo clown blanc/Auguste sur un mode contemporain. Si le rire est au rendez-vous, il émane des dialogues et du jeu des acteurs au diapason. Le film ne tombe pas dans une conclusion prévisible, mais garde une pudeur et une intelligence qui charme du début à la fin. Ce qui augure d’un beau succès en cette période où le cinéma en a bien besoin. L’avant-première lundi soir, dans une des plus grandes salles de Paris, était complète. A bon entendeur…
L\'affiche de \"Les Parfums\" de Grégory Magne.
L'affiche de "Les Parfums" de Grégory Magne. (Pyramide Distribution)

La fiche

Genre : Comédie
Réalisateur : Grégory Magne
Acteurs : Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern, Sergi Lopez
Pays : France
Durée : 1h40
Sortie : 1er juillet 2020
Distributeur :  Pyramide Distribution

Synopsis : Anne Walberg est une célébrité dans le monde du parfum. Elle crée des fragrances et vend son incroyable talent à des sociétés en tout genre. Elle vit en diva, égoïste, au tempérament bien trempé. Guillaume est son nouveau chauffeur et le seul qui n’a pas peur de lui tenir tête. Sans doute la raison pour laquelle elle ne le renvoie pas.