Houellebecq et Depardieu en duo dans "Thalasso" : "Une espèce de Laurel et Hardy sous ectasy"

Michel Houellebecq et Gérard Depardieu se rencontrent en cure de thalasso à Cabourg et tentent ensemble de survivre au régime de santé que l’établissement entend leur imposer.

Chacun dans son domaine, littérature ou cinéma, est au sommet, mais en peignoir blanc.
Chacun dans son domaine, littérature ou cinéma, est au sommet, mais en peignoir blanc. (Wild bunch distribution)

Cinq ans après La disparition de Michel Houellebecq, le cinéaste Guillaume Nicloux dirige à nouveau l'écrivain dans Thalasso, qui sort en salles ce mercredi 21 août. Cette fois Michel Houellebecq est en cure à Cabourg où il fait la connaissance de Gérard Depardieu, loufoque et poétique.  

Ils se sont connus sur le tournage, ils jouent à être eux-mêmes et un peu plus. Un peu moins aussi que l'image caricaturale qu'ils s'amusent tous les deux à donner dans les médias. Chacun dans son domaine, littérature ou cinéma, est au sommet, mais en peignoir blanc. Recouverts de boue ou face à des plats diététiques et une bouteille d'eau minérale, ils se confient.

Le film suit une trame : les "bras cassés" qui avaient enlevé Michel Houellebecq reviennent. Mais c'est dans les zones grises que la film prend son envol, quand Guillaume Nicloux laisse ces deux monstres deviser à leur guise.  

Ce qui est troublant c'est de, en permanence, se demander si la réalité ne rattrape pas la fiction.Guillaume Nicloux, le réalisateur de "Thalasso"à franceinfo

"Ils sont déjà tous les deux des survivants, c'est-à-dire qu'ils sont déjà passés de l'autre côté. De l'autre côté de quoi ? D'une vie. Ils ont la conscience de bénéficier d'un rab en fait, explique le cinéaste. Il y en a un qui vit reclus et l'autre qui est dans l'exagération en permanence, dans l'excès en permanence. C'est une version trash des Compères, ou une espèce de Laurel et Hardy sous MD [ectasy]. Sans leur confiance et leur accord, il n'y a pas de film."

Cette Thalasso fait plus de bien au spectateur qu'aux deux curistes, qui picolent et s'empiffrent en cachette dans leur chambre. Houellebecq qui pleure en parlant de la mort, Depardieu qui le console, c'est touchant, absurde, une belle surprise de tournage.

C'est très touchant. Sur le papier, il était précisé qu'on allait aborder ces sujets par moment, comme des parenthèses d'émotions qui allaient justement nourrir la comédie et l'amplifier.Guillaume Nicloux

"Mais je ne pensais pas que ça allait aller au-delà et qu'il serait touché à ce point-là, que Gérard me permettrait de revivre un autre moment qu'il m'avait déjà donné, celui de la sidération", explique Guillaume Nicloux, touché. le cinéaste réussit encore une fois à faire une comédie qui révèle des aspects intimes de ses acteurs. 

"Thalasso", la critique de Thierry Fiorile.
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