"Hokusaï" : le biopic romanesque du célèbre peintre d’estampes japonaises, auteur de "La Grande Vague"

Si l’on connaît bien ses célèbres vagues et ses vues du Mont Fuji, ou encore ses geishas poudrées en kimono, le spectateur découvrira les vicissitudes qu'a traversé Hokusaï avec la censure et ses concurrents.
Article rédigé par Jacky Bornet
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Yagira Yuuya "Hokusaï" de Hajime Hashimoto (2023). (HOKUSAI MOVIE)

Après un Caravage peu mémorable de Michele Placido, le biopic de Hajime Hashimoto retrace le parcours du célèbre peintre d’estampes japonais Hokusaï, avec plus de bonheur. Ses Trente-six vues du mont Fuji (1831 – 1833) et La Grande Vague de Kanagawa (1831) ont été reproduites des millions de fois. L’on comprend moins aujourd’hui les réprobations que son art provoqua dans la capitale japonaise d’Edo quand il s’imposa comme artiste majeur. Pour le savoir, Hokusaï sort en salles mercredi 26 avril.

Film en aplat


Au début du XVIIIe siècle dans la capitale d’Edo au Japon, l’empereur impose une censure drastique aux artistes. Peintre étudiant, Shunrô est exclu de son école pour son impétuosité et son style marginal. Soutenu par un galériste qui détecte son génie, Shunrô va devenir Hokusaï, l’un des plus célèbres peintres d’estampes japonaises, mais aussi la cible à abattre de ses détracteurs.

Hajime Hashimoto opte pour un biopic non chronologique, en passant de l’étudiant réfractaire dans son école ingrate, au vieillard accompli, puis en revenant à l’adulte, sans oublier la tentative d’assassinat dont il fut victime. La mise en images renvoie au style d’Hokusaï dans les cadres très composés des plans, leur impression d’aplat et la prédilection donnée aux visages. Un bel effet d’identification qui se sent à l’œil, sans ostentation, mais accompli. 

Composition éclatée


Issu de l’école paysagiste du "monde flottant", Hokusaï s’est dirigé vers les portraits d’acteurs et de courtisanes. Ses maîtres et artistes concurrents critiquaient la galvanisation des deux dimensions de ses compositions. En avance sur son temps, c’est là, toute la modernité d’Hokusaï. Elle s’expatriera dans l’impressionnisme, le fauvisme et l’abstraction géométrique en influençant toute la culture occidentale.

Hajime Hashimoto choisit pour son film une construction qui rappelle celle de Bird, le biopic de Charlie Parker par Clint Eastwood, en passant d’une époque et d’un épisode à l’autre sans transition. Ils émergent de réminiscences, d’un événement, d’un paysage, ou d’un visage qui évoquent les souvenirs. Celui de la galerie saccagée par les forces de l’ordre, de la censure de ses écrits - Hokusaï étant également écrivain -, ou celui d’une geisha. Filmé comme dans un "monde flottant", Hokusaï lève le voile sur un artiste parmi les plus populaires, mais encore mystérieux pour plus d’un.     

L'affiche d'"Hokusaï" de Hajime Hashimoto (2023). (ART HOUSE)

La Fiche

Réalisateur : Hajime Hashimoto
Acteurs : Yûya Yagira, Min Tanaka, Hiroshi Abe
Pays :  Japon 
Durée : 1h30
Sortie : 26 avril 2023
Distributeur : Art House

Synopsis : Japon, XVIIIème siècle. Alors que le pouvoir impérial impose sa censure sur les artistes, le jeune Shunrô, apprenti peintre, est exclu de son école à cause de son tempérament impétueux et du style peu conventionnel de ses estampes. Personne n’imagine alors qu’il deviendra Hokusai, célèbre auteur de la Grande vague de Kanagawa.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.