"Deux moi" : Cédric Klapisch tourne en comédie la solitude des grandes villes

Le nouveau Cédric Klapisch raconte l'histoire de "Deux moi" : mercredi 11 septembre sur les écrans.

 Ana Girardot, François Civil dans \"Deux moi\" de Cédric Klapisch.
 Ana Girardot, François Civil dans "Deux moi" de Cédric Klapisch. (Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques - Ce qui me meut)

Dans "Deux moi", qui sort mercredi 11 septembre au cinéma, Cédric Klapisch renoue avec la comédie romantique dans un Paris qu’il connaît bien. Il filme la solitude de deux êtres, voisins, destinés à se rencontrer, mais séparés par l'urbanité, les transports, le travail, les réseaux, les écrans… Du pur Klapisch.

Néo Truffaut

Mélanie (Ana Girardot) et Rémy (François Civil) approchent la quarantaine, sont célibataires, galèrent à Paris en quête d’un futur. Voisins sans le savoir, elle est cadre, consulte les sites de rencontres, voit un psy ; lui débarque dans la capitale, cherche du boulot, se construit un réseau… Ils se croisent mais ne se voient jamais. Se rencontreront-ils ?CMS-ContentHasMedias_4013811Cédric Klapisch filme Paris depuis 1994 (Le Péril jeune) comme François Truffaut le faisait dans les années 60-70. Les parallèles entre les deux ne s’arrêtent pas là. Deux moi rappelle Chacun cherche son chat (1996) de Klapisch, où la solitude dans la grande ville était vécue au féminin. Chloé, son personnage principal, pourrait être la Mélanie d’aujourd’hui. Il y associe en parallèle Rémy qui ressemble beaucoup à Chloé. Il recueille d’ailleurs un chat : serait-ce celui que perdait Chloé dans Chacun cherche son chat ? Entre les deux, une nouvelle société s’est installée. A Klapisch de mettre les pendules à l’heure.

Capitale sentimentale

De nouveaux rapports sociaux, une nouvelle séduction, de nouvelles distances   séparent les deux films. Vingt cinq ans plus tard, Klapisch actualise son sujet en l’élargissant au masculin. Car il aborde désormais le champ de la séduction. Comment un homme et une femme se rencontrent aujourd’hui ? A la lumière d’une société où les outils de communication perturbent les anciens codes de rencontre et de séduction, la quête de l’autre recoupe le passage à l’âge adulte, sujet privilégié de Klapisch (comme de Truffaut). Plus tardif, car plus complexe, l’accomplissement de soi traverse un labyrinthe auquel Paris se prête à merveille. Au réalisateur de filmer, capter la capitale toujours aussi bien.

Camille Cottin et Ana Girardot dans \"Deux Moi\" de Cédric Klapisch
Camille Cottin et Ana Girardot dans "Deux Moi" de Cédric Klapisch (Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques - Ce qui me meut)
Tout sépare et tout rapproche Mélanie et Rémy. Elle à les moyens de se payer une psy (excellente Camille Cottin), lui, demande l’aide à ses parents pour s’installer. Ils n’en sont pas moins voisins. Klapisch joue de la situation, mais l’étire un peu trop sur les près de deux heures que dure son film (1h51).

Comme souvent chez lui, il ne se passe pas grand-chose, et pourtant tout retient l’attention. C’est l’art de raconter des histoires que détient l’auteur-réalisateur (comme Truffaut). Il aurait pu faire des coupes pour dynamiser le récit, faute de relance, mais il s’en tire bien.

L\'affiche de \"Deux Moi\" de Cédric Klapisch
L'affiche de "Deux Moi" de Cédric Klapisch (STUDIOCANAL)

La fiche 

Genre : comédie romantique
Réalisateur : Cédric Klapisch
Acteurs : François Civil, Ana Girardot, Eye Haïdara

Pays : France
Durée : 1h51
Sortie : 11 septembre 2019
Distributeur : StuioCanal

Synopsis
 :  Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction…