"ADN" : Maïwenn fait le portrait sensible d'une famille enracinée en Algérie

L’actrice-réalisatrice est de nouveau derrière et devant la caméra dans "ADN", un film au casting impeccable.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Maïwenn, Dylan Robert, Caroline Chaniolleau, Fanny Ardant, Henri-Noël Tabary, Louis Garrel, dans ""ADN" de Maïwenn. (Copyright Malgosia ABRAMOWSKA)

ADN, qui sort mercredi 28 octobre, voit le retour de Maïwenn à la réalisation et comme actrice, entourée de Fanny Ardant et de Louis Garrel. Une histoire de famille bousculée par le décès du patriarche, qui fait remonter à la surface des racines algériennes profondes et des dissensions, traitées par l’auteure de Polisse, avec tact et humanité. Le film était sélectionné en compétition au dernier Festival de Cannes avorté en raison de la pandémie.

Empathie, gravité et légèreté

Petite fille d’Emir, Neige (Maïwenn) adore son grand-père d’origine algérienne, en fin de vie dans une maison de retraite. Quand la famille apprend son décès, c’est le monde qui s’écroule. Entre sa mère (Fanny Ardant), sa sœur avec laquelle elle a rompu, les tantes, les petits-petits-enfants d'Emir, et son mari divorcé (Louis Garrel), le torchon brûle…

Marquée par une vie de famille difficile, dont elle s’est fait l’écho dans la presse, Maïwenn est bien placée pour parler des rapports mère-fille qui dominent dans son dernier film. Elle-même fille d’une mère à moitié algérienne et actrice, elle insère dans ADN le sujet des origines, et de leur empreinte sur la descendance. Avec son style, toujours empathique envers ses personnages, la cinéaste traite avec discernement un sujet au cœur de la société française, dans un mélange de gravité et de légèreté.

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Une intimité universelle

Si la mise en scène n’est jamais laissée de côté dans ses films, Maïwenn se distingue dans des castings dont elle a le secret. Celui de Fanny Ardant dans le rôle de sa mère est une évidence. Face à face, toutes deux transcrivent leur amour et leurs différends, dans une quête d’identité mise au jour par le deuil. Les nombreux autres membres de la famille en font autant, avec des emportements. Maïwenn parvient à articuler tout ce petit monde, à la caméra, et à l’écriture avec Mathieu Demy, dans une harmonie qui inspire le respect. La palme revient à Louis Garrel dont les réparties drôles et cinglantes remettent chacun à sa place.

Fanny Ardant, Dylan Robert, Omar Marwan, Caroline Chaniolleau, dans "ADN" de Maïwenn. (Copyright Malgosia ABRAMOWSKA)
Avec cinq films au chapitre, tous différents, Maïwenn créé une complicité avec son public. Une confiance qui émane de son rapport aux acteurs et à leurs rôles. Un sentiment qui remonte sans doute à sa précocité sur les planches (dès ses trois ans), en raison d’une mère autoritaire qui la prédestinait à cela. Elle semble en tirer les conséquences dans ADN, dont la réussite est comme la réponse intime, tout en touchant l'universel. Beau film.

L'affiche de "ADN" de Maïwenn. (Le Pacte)

La fiche

Genre : Drame 
Réalisateurs : Maïwenn
Acteurs :  Maïwenn, Fanny Ardant, Louis Garrel, Caroline Chaniolleau, Omar Marwan, Dylan Robert, Henri-Noël Tabary
Pays : France
Durée : 1h30
Sortie : 28 octobre 2020
Distributeur : Le Pacte

Synopsis : Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses... Heureusement Neige peut compter sur le soutien et l’humour de François, son ex. La mort du grand-père va déclencher une tempête familiale et une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors elle va vouloir comprendre et connaître son ADN.

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