Qui est était Pierre Goldman, au cœur d'un film qui retrace son deuxième procès ?

À l'occasion de la sortie mercredi du film "Le procès Goldman" de Cédric Kahn, retour sur le parcours de Pierre Goldman. Un personnage complexe, fils de juifs polonais et figure de l'extrême gauche des années 1970.
Article rédigé par France Info - Sophie Allemand
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Pierre Goldman devant la cour d'assises de Paris en décembre 1974. (JEAN-PIERRE TARTRAT / GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES)

Le 27 septembre 1979, 15 000 personnes marchent en silence derrière un corbillard, dans Paris, jusqu'au Père Lachaise. La foule est venue saluer Pierre Goldman, figure de l'extrême gauche française des années 1970. Régis Debray, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir figurent parmi les nombreuses personnalités présentes. 44 ans jour pour jour après l'enterrement de Pierre Goldman, dans Le Procès Goldman, le réalisateur Cédric Kahn retrace son procès en appel.

Pendant les dix ans qui ont précédé la mort du demi-frère du chanteur Jean-Jacques Goldman, Pierre Goldman a fait la une de l'actualité. À la fin des années 1960, il participe à la guérilla au Venezuela. À son retour, cet intellectuel fougueux et désabusé, il est impliqué dans plusieurs vols à main armée.

Accusé d'un double homicide lors d'un braquage 

Tout bascule en 1969 : deux pharmaciennes sont tuées lors d'un braquage à Paris, boulevard Richard-Lenoir. Pierre Goldman nie les accusations. Le premier procès se déroule en 1974 : la cour d'assises de Paris le condamne à la prison à vie, un verdict contesté par une partie de l'intelligentsia française, très marquée à gauche. 50 personnalités créent un comité de soutien avec, parmi elles, Pierre Mendès-France et l'actrice Simone Signoret.

Le premier procès est cassé pour vice de procédure. Deux ans après, en avril 1976, le deuxième procès Goldman démarre, à Amiens. De très nombreux et brillants soutiens, combinés à l'absence de preuves, permettent à Pierre Goldman d'être acquitté des meurtres du boulevard Richard-Lenoir, mais il est condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour trois autres vols à main armée. "Que Simone Signoret ait été présente au cours de presque tous les débats devant la cour d'assises d'Amiens lorsque Pierre Goldman était jugé une deuxième fois, ça ne pouvait pas laisser les jurés indifférents", relève son avocat, Georges Kiejman. 

Pierre Goldman vit ensuite des recettes des ventes de son livre autobiographique Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France, qu'il avait écrit en prison avant son deuxième procès. Il écrit également pour le journal Libération. Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman meurt à Paris, abattu en pleine rue, près de son domicile. Cet homicide reste non élucidé, mais plusieurs pistes ont surgi, pointant du doigt notamment, des groupuscules d'extrême droite. 

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