Nice : la préfecture obligée de s'expliquer après avoir arboré un drapeau nazi

L'imposant palais préfectoral des Rois sardes dans le vieux Nice servait en réalité de décor pour une nouvelle adaptation cinématographique du livre "Un sac de billes", sur deux jeunes frères en fuite dans la France occupée.

La préfecture des Alpes-Maritimes, à Nice, le 10 octobre 2008.
La préfecture des Alpes-Maritimes, à Nice, le 10 octobre 2008. (FRANCK FERNANDES / MAXPPP)

Le drapeau nazi a brièvement flotté à Nice, lundi 28 septembre. La préfecture des Alpes-Maritimes a été obligée de rédiger un communiqué pour expliquer la présence sur sa façade d'un immense étendard rouge, déployé pour les besoins du tournage d'un film.

"Les gens ne savaient pas s'il s'agissait d'un canular, d'un tournage de film, d'une provocation, raconte un témoin, qui a immortalisé la scène et envoyé son cliché à Nice Matin. Dès l'apparition sur le toit des deux hommes chargés de dérouler le drapeau, la foule s'est mise à crier sur eux. En plein marché des antiquaires, la scène a évidemment suscité beaucoup d'émotion."

Un tournage qui "participe au devoir de mémoire"

L'imposant palais préfectoral des Rois sardes dans le vieux Nice servait en réalité de décor pour une nouvelle adaptation cinématographique du livre Un sac de billes, d'après le récit autobiographique de Joseph Joffo, sur deux jeunes frères en fuite dans la France occupée.

Dans le film réalisé par le Québécois Christian Duguay, le palais préfectoral sera "l'Hôtel Excelsior" réquisitionné en septembre 1943 par Aloïs Brünner, chef du commando SS à Nice, pour en faire le quartier général de la section anti-juive. Cet endroit était stratégique pour l'organisation du transport des victimes, directement "expédiées" vers Drancy, selon le rappel historique de la préfecture, qui souligne que le tournage "participe au devoir de mémoire".

Le drapeau nazi flottera à nouveau mardi

"Aussi, un drapeau nazi, symbole d'une période de souffrance et d'oppression, a été déployé brièvement aujourd'hui, explique la préfecture. [Il] le sera de nouveau demain, 29 septembre 2015, jour de tournage, reconstituant ainsi ce qu'il s'est passé à Nice sous l'Occupation."