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Neuf raisons de regarder les Oscars

"The Artist", de Michel Hazanavicius, est certes nommé dix fois, Jean Dujardin et Bérénice Bejo décrocheront certes peut-être une statuette, mais même sans eux, cette cérémonie vaut le coup. Voici pourquoi.

Article rédigé par Ariane Nicolas
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Meryl Streep en Margaret Thatcher (à g.) et Glenn Close en majordome irlandais (à dr.) sont en lice pour l'Oscar de la meilleure actrice. (KOBAL / AFP)

Avec dix nominations, dont celle du "meilleur film" et "meilleur réalisateur", The Artist est le film français le plus nommé dans l'histoire des Oscars. Même si on souhaite beaucoup de bonheur à son réalisateur, Michel Hazanavicius, et aux acteurs Jean Dujardin et Bérénice Bejo, tous en lice dans une des catégories, il ne faut pas oublier que cette 84e nuit des Oscars sera alléchante à de nombreux titres. FTVi vous dit pourquoi il va falloir faire nuit blanche, dimanche. Un événement à suivre dans notre live à partir de minuit.

1 - Pour le duel Meryl Streep-Glenn Close

La première détient le record de nominations aux Oscars (17 fois) et a même une page Wikipédia uniquement consacrée à cette performance. L'autre, jamais récompensée à Hollywood, attend son heure. Cette année, Meryl Streep et Glenn Close sont toutes deux nommées dans la catégorie "meilleure actrice" pour des rôles de transformation. D'un côté, Meryl Streep incarne Margaret Thatcher (La Dame de fer). De l'autre, Glenn Close campe un majordome dans l'Irlande affamée du XIXe siècle (Albert Nobbs). L'interprète des Liaisons dangereuses prendra-t-elle enfin sa revanche ?

Meryl Streep en Margaret Thatcher (à g.) et Glenn Close en majordome irlandais (à dr.) sont en lice pour l'Oscar de la meilleure actrice. (KOBAL / AFP)

2 - Pour la brochette de papys réalisateurs

Il ne manque guère que Francis Ford Coppola. Cette année, les films de Steven Spielberg (Cheval de guerre), Martin Scorsese (Hugo Cabret) et Woody Allen (Midnight in Paris) feront la course dans la catégorie "meilleur film". Face à ces anciens du cinéma, la relève des modernes est un peu maigre. Seuls Alexander Payne, plébiscité avec son film hawaïo-clooneyien The Descendants, et Bennett Miller (Moneyball, avec Brad Pitt) semblent à même de voler la vedette aux maîtres. 

Le réalisateur américain Steven Spielberg fait son grand retour cette année, aux Oscar, où il a été sacré deux fois "meilleur réalisateur". La dernière fois, c'était en 1999 avec "Il faut sauver le soldat Ryan". (MARIO ANZUONI / REUTERS)

3 - Pour la révélation Jessica Chastain

Elle a jailli sur nos écrans dans pas moins de quatre films en 2011 : The Tree of Life (Terrence Malick), La Couleur des sentiments (Tate Taylor), Take Shelter (Jeff Nichols) et Killing Fields (Ami Canaan Mann). Impressionnante en mère inondée par la grâce dans The Tree of Life, cette rousse délicate est nommée ici pour son interprétation (moins étourdissante) de blonde farfelue dans La Couleur des sentiments, tiré d'un gros succès de librairie aux Etats-Unis. Malheureusement, Jessica Chastain concourt dans la catégorie "meilleure actrice dans un second rôle", où notre Frenchie Bérénice Bejo est également présente. Il va falloir choisir…

L'actrice américaine Jessica Chastain interprète le personnage de Celia Foote dans "La Couleur des sentiments" ("The Help"). (ARCHIVES DU 7E ART / AFP)

4 - Pour un autre duel : George Clooney et Brad Pitt

Ils ont beau faire partie des cinq acteurs les plus bankables du cinéma américain, Brad Pitt et George Clooney n'ont pas souvent eu la faveur des Oscars. Le blondinet a été nommé seulement trois fois (en 1996 pour L'Armée des douze singes, en 2009 pour L'Etrange Histoire de Benjamin Button et en 2012 pour Moneyball) et n'a jamais rien obtenu. De son côté, le VRP de Nespresso a simplement été sacré "meilleur acteur dans un second rôle" pour Syriana, en 2006. Mine de rien, Jean Dujardin a du souci à se faire.

Le nœud pap' leur va si bien: George Clooney (à g.) et Brad Pitt tenteront de rafler l'Oscar du meilleur acteur à Jean Dujardin. (SIPA / REUTERS)

5 - Pour la folle épopée du film "Une séparation"

Rien ne destinait ce film iranien à un succès planétaire. Une séparation relate l'histoire de deux couples à la dérive, mais brosse surtout le portrait d'une classe moyenne de plus en plus occidentalisée malgré le joug religieux, comme le souligne Télérama. Après avoir remporté l'Ours d'or du meilleur film à Berlin, en 2011, ce long-métrage d'Asghar Farhadi a attiré près d'un million de spectateurs en France où il a été récompensé par le César du meilleur film étranger. L'Oscar du meilleur film étranger serait plus qu'un sacre, ce serait un symbole, venant d'un pays en guerre froide avec l'Iran.


6 - Pour "The Tree of Life" le Cannois

Long-métrage complexe et ouvertement chrétien, The Tree of Life ne s'est pas fait que des amis à Cannes, en mai dernier, où il a reçu la récompense suprême des mains de Robert De Niro (lire l'article de Ciné News à ce sujet). Il n'empêche : c'est assez rare de voir un film aussi singulier confronté aux blockbusters hollywoodiens… L'"arbre de la vie" ensorcellera-t-il Cannes ET Los Angeles ? Et puis, en 1999, l'Academy Awards avait préféré sacrer "meilleur film" le très classique Shakespeare In Love de John Madden plutôt que La Ligne rouge, du même Terrence Malick. Alors on est en droit d'attendre une petite statuette - le film est nommé dans les catégories "meilleur film", "meilleur réalisateur" et "meilleure photo".

7 - Pour l'autre film français en lice

Il se cache dans la catégorie "meilleur film d'animation", mais pourrait bien apporter une statuette de plus à la France. Une vie de chat (traduit en anglais par A Cat in Paris - un peu comme Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain était devenu Amelie from Montmartre) raconte la double vie d'un chat, ami avec la fille d'un commissaire mais également avec un voleur... sur fond de kidnapping. Deux autres films d'animation français ont été nommés aux Oscars récemment, Persepolis (2008) et L'Illusionniste (2011), sans être récompensés. Espérons que cette fois-ci sera la bonne, même si les adversaires animaliers Kung Fu Panda 2 et Le Chat Potté font figure de grands favoris.

8 - Pour le délicieux Gary Oldman

Décidément, l'Oscar du meilleur acteur masculin sera très disputé cette année. En plus de Jean Dujardin et des deux compères Clooney-Pitt, un autre acteur aurait toute sa place au palmarès : Gary Oldman. Malgré une carrière bien remplie (Sid et NancyJFK, Dracula, Léon, True Romance, Ludwig Van B., Le Cinquième Elément, la saga des Harry Potter, etc.), l'acteur britannique est nommé pour la première fois cette année ! Comme l'analyse le Guardian (article en anglais), Gary Oldman fait partie de ces acteurs injustement boudés par l'Academy Awards. Son interprétation formidable d'un agent secret glaçant dans La Taupe changera-t-elle la donne ?

C'est bien lui : l'acteur britannique Gary Oldman, bien vieilli dans l'adaptation du best-seller de John Le Carré, "La Taupe". (KOBAL / AFP)

9 - Pour les absents (Michael Fassbender et Tilda Swinton en tête)

Regarder une cérémonie de récompenses cinématographiques, ce n'est jamais complètement réussi si on n'en dit pas un peu de mal. Cette année, les Oscars nous laissent l'embarras du choix. On pourra pester sur l'absence de nomination des acteurs Ryan Gosling (Drive, entre autres) et Michael Fassbender (Shame, entre autres) ; vitupérer contre l'oubli impardonnable de l'actrice Tilda Swinton (We Need to Talk About Kevin) et grogner face au mépris affiché envers Leonardo DiCaprio, pourtant bluffant dans le (certes médiocre) J. Edgar, de Clint Eastwood. Tous à vos pistolets !

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