Mort de Jean-Jacques Beineix : cinq films marquants du réalisateur français

Le scénariste et réalisateur français Jean-Jacques Beineix s'est éteint à l'âge de 75 ans, a-t-on appris vendredi 14 janvier. Retour sur ses cinq films les plus emblématiques. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Béatrice Dalle dans l'affiche de "37°2 le matin" de Jean-Jacques Beineix. (CARGO FILMS / CONSTELLATION PROD / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP)

Dans les années 1980, Jean-Jacques Beineix compte parmi les réalisateurs français les plus en vogue : dès son premier film, Diva, il réussit à charmer la critique et à décrocher plusieurs César. Mais c'est vraiment en 1986, avec 37°2 le matin qu'il connaît un véritable succès auprès du public.

"37°2 le matin" (1986)

Zorg, trente-cinq ans, commence à avoir une certaine expérience de la vie, il est revenu de beaucoup de choses et s'apprête à souffler un peu. C'est ce moment que choisit Betty pour débarquer avec ses valises, son coeur en "skai mauve" et même pas un ticket de train... 

Un film qui marquera son temps. Pour la beauté de ses paysages, pour sa musique en quelques notes de piano, mais évidemment surtout pour ses scènes torrides et la découverte de deux perles du cinéma français : Béatrice Dalle et Jean-Hugues Anglade. Troisième long-métrage de Jean-Jacques Beineix 37°2 le matin est l'un des plus grands succès de l'année 1986, malgré son interdiction aux moins de 16 ans : plus de 3,6 millions de spectateurs vinrent découvrir cette histoire portée par les deux acteurs encore inconnus. Nommé dans plusieurs catégories aux César, aux Oscars et aux Golden Globes, il n'a finalement reçu que le César de la meilleure affiche. 

"Diva" (1981)

Un jeune postier amoureux du bel canto réalise un enregistrement pirate d'un concert donné par une diva. Sa passion et un hasard malencontreux vont provoquer une chasse à l'homme dont il est la proie.

Avec Diva, Jean-Jacques Beineix signe son premier long-métrage. Celui-ci divise à sa sortie avant de connaître un grand succès en salle. L'air principal de l'opéra La Wally d'Alfredo Catalini, joué à plusieurs reprises dans le film, connaît grâce à lui, un élan de popularité. En 1982, Diva est récompensé de quatre César : meilleure première oeuvre, meilleure musique, meilleure photographie et meilleur son.

"La lune dans le caniveau" (1983)

Après avoir été violée dans une impasse, Catherine se suicide. Gérard, son frère, jure de la venger. C'est le début d'une grande dérive qui va l'amener à rencontrer divers personnages dans les bouges d'un port.

Avec Gérard Depardieu dans le premier rôle, accompagné de Victoria Abril, ce deuxième film du réalisateur ne réussit pas à atteindre le même engouement que le premier. Sélectionné au Festival de Cannes, La lune dans le caniveau est un échec commercial mais est salué par la critique pour la beauté froide de ses images et le jeu intense de ses acteurs. Tous les costumes portés dans le film sont signés Marc Bohan, grand couturier français de la maison Dior. 

"IP5 : l'île aux pachydermes" (1993)

Deux taggeurs en rupture de ban font la connaissance, lors du vol d'une voiture, d'un vieil homme qui parcourt la France avec un sac à dos et une carte ou tous les lacs sont cerclés d'une marque rouge. Dans son sac à dos, un vieux Luger dans le chargeur duquel deux balles attendent. Le vieil homme entraîne les deux jeunes dans sa quête et ils s'aperçoivent bientôt qu'ils cherchent la même chose.

IP5 est le dernier film d'Yves Montand qui meurt avant la fin du tournage. Le 9 novembre 1991, le chanteur et comédien décède d'un infarctus du myocarde à l'âge de 70 ans (comme le personnage qu'il interprétait). Le film est malgré tout terminé, avec l'aide d'une doublure, mais fait parler à sa sortie. Pour les besoins du scénario, protégé par une combinaison de plongeur sous ses vêtements, Yves Montand avait dû se baigner, fin septembre, dans un lac glacé. Plusieurs fans accusent alors Jean-Jacques Beineix d'avoir provoqué la mort de l'artiste. Théorie qu'a toujours démenti la veuve de l'artiste, Carole Amiel. 

"Assigné à résidence" (1997) - documentaire

Jean-Dominique Bauby, rédacteur en chef du magazine Elle, a subi une attaque cérébrale le 8 décembre 1995. Après un long coma, il reprend conscience, mais il est atteint du syndrome d'enfermement. Cette atteinte le prive de toutes ses capacités physiques, sauf le clignement de la paupière gauche. À l'aide de l'éditrice Claude Mendibil, Jean-Dominique Bauby achève son livre Le Scaphandre et le Papillon par ce seul moyen de communication qui lui reste.

L'écrivain Jean-Dominique Baudy, au centre du documentaire, est décédé quelques mois après sa diffusion France 2. Dix ans plus tard, Julian Schnabel adapte Le Scaphandre et le Papillon au cinéma, avec Mathieu Amalric dans le rôle principal. 

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