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Le film "Frantz", une "partition complexe" pour Pierre Niney

Au micro de franceinfo, l'acteur Pierre Niney revient sur Frantz, le film de François Ozon qui sort mercredi en salles et dans lequel il campe Adrien, "un personnage dramatique, torturé, fragile".

Article rédigé par
Jean-Baptiste Urbain - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Pierre Niney le 3 septembre 2016 au 73e festival du film international de Venise (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

"Il y avait les trois ingrédiens magiques : le très beau rôle, dans un très bon film avec un très bon réalisateur". Pierre Niney est à l'affiche du nouveau film de François Ozon, Frantz, qui sort mercredi 7 septembre dans les salles.

Le film se déroule en Allemagne au lendemain de la première guerre mondiale. Chaque jour, une jeune femme vient fleurir la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front. Elle découvre qu'un Français, Adrien, vient lui aussi se recueillir sur cette tombe : un rôle incarné par Pierre Niney que Jean-Baptiste Urbain a interviewé pour franceinfo.

Avez-vous hésité avant d'accepter ce rôle ?

Pierre Niney : Il n'y avait pas beaucoup d'hésitation à avoir. Adrien, c'est la promesse d'un personnage dramatique, torturé, intime, fragile. Des éléments que je n'ai pas vraiment travaillés dans les derniers films que j'ai tournés. 

J'ai été attrapé par le scénario. Le scénario nous ment. Comme les personnages mentent dans le film. Il y a une mise en abîme du mensonge et de l'imaginaire. Au final, c'est un très beau message sur la fiction : il rappelle notre besoin à tous d'entendre des histoires et de croire en quelque chose.

Ce n'est pas la première fois qu'il est question de mensonge dans vos films.

C'est une thématique que j'aime beaucoup. Et c'est un point commun entre mon personnage d'Un homme idéal et de Five : cette idée de masquer, de transformer, de cacher la réalité.

Vous êtes-vous documenté sur la première guerre mondiale ?

Bien sûr. J'ai regardé les archives, relu les livres. J'aime beaucoup Cris, la pièce de Laurent Gaudé, qui imagine des monologues intérieurs de poilus. Je me suis replongé dans les "gueules cassées", dans la violence que cela a été pour ces jeunes soldats, qui n'étaient pas du tout préparés aux atrocités des combats.

Les séquelles physiques et psychologiques, c'est quelque chose de très important. Notamment pour mon personnage d'Adrien.

Le fait de tourner un film en partie en allemand, est-ce que ça change quelque chose ou pas ?

François Ozon tenait beaucoup à cette authenticité. Et moi j'aimais beaucoup cette idée d'être dans la réalité d'une ville allemande au lendemain de la guerre. Le personnage d'Adrien parle allemand. Moi je ne parlais pas du tout allemand, mais cela a été un vrai bonheur d'apprendre.

On vous verra bientôt à l'affiche de L'Odyssée de Jérôme Salle. Vous venez de tourner La Promesse de l'aube d'Éric Barbier. On ne vous voit pas énormément au cinéma. Vous choisissez beaucoup vos rôles ?

Je choisis les projets qui me séduisent. Je n'ai que 27 ans. Ça ne fait que cinq ans que j'ai la très grande chance de me voir offrir des rôles principaux dans des films. Faire un film ou deux par an, ça me suffit. Surtout quand ce sont des partitions aussi complexes que Frantz. C'est un film lourd, qui demande de l'investissement et du temps.

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