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Mort de Jean-Louis Trintignant : l'acteur dans huit de ses plus grands rôles au cinéma

C’est une des légendes du cinéma français et mondial qui nous quitte ce 17 juin 2022. Ses films resteront dans l'histore du septième art. Retour sur huit chefs d'oeuvre mémorables.

Article rédigé par franceinfo Culture - Jacky Bornet et Jérémie Laurent-Kaysen
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Jean-Louis Trintigant dans "Un homme et une femme" de Claude Lelouch (1966) (LES FILMS 13 / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP)

Jean-Louis Trintignant a tourné pour les plus grands cinéastes européens - Truffaut, Costa-Gavras, Bertolucci, Risi ou Haneke... Une filmographie innombrable, difficile à départager, tant elle reflète un artiste exigeant, maître de sa carrière et de ses choix. Derrière ses films transparaît l’homme, intègre et cohérent. 

"Et Dieu créa la femme" (1956)

Film emblématique de 1956 de Roger Vadim avec Brigitte Bardot, Et Dieu créa la femme révèle un des plus grands acteurs du cinéma français. Le coup de projecteur est énorme dans l’ombre de Brigitte Bardot, qui éblouit l’écran et se révèle au monde. Scandale pour ses scènes de nus et la vision d’une femme libérée, le film est boudé en France, mais un succès international. Trintignant aura une liaison avec l’actrice dont le mariage avec Vadim bat de l’aile suite à la polémique qu’a suscitée le film.

"Le fanfaron" (1962)

Le Fanfaron (titre original : Il sorpasso) est une comédie à l'italienne signée Dino Risi (1962) dans laquelle Jean-Louis Trintignant rencontre Vittorio Gassman, légende du cinéma transalpin. Trintignant joue un étudiant en droit studieux, timide et complexé qui fait la connaissance d'un homme désinvolte, charmeur… Fanfaron mais si attachant. Il va lui faire vivre deux jours de randonnées trépidantes de Rome à la riviera toscane… 

A la fois drôle, léger, et d'une grande profondeur sur l'amitié et sur ce qu'il raconte de la société italienne des années d'après-guerre, le road movie Le Fanfaron acquiert très rapidement le statut de film culte du cinéma italien.

"Un homme et une femme" (1966)

C’est pour Jean-Louis trintignant la gloire avec le film de Claude Lelouch, Palme d’or au Festival de Cannes en1966. Un homme et une femme est un film mythique, où Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimé incarnent l’amour rédempteur entre deux êtres en perdition. Un homme et une femme ouvre aussi le monde à Claude Lelouch qui y impose son style. Il retrouvera ses acteurs dans deux suites : Un homme et une femme : Vingt ans déjà (1986), puis Les Plus Belles Années d'une vie (2019), tous deux projetés à Cannes.

"Ma nuit chez Maud" (1969)

Jean-louis Trintignant donne la réplique à Françoise Fabian dans Ma nuit chez Maud, en 1969. Le film raconte une longue nuit de noël entre Jean-Louis, un ingénieur à Clermont-Ferrand, et Maud, jeune femme libre-penseuse, indépendante et divorcée. Dans un rapport de séduction et de fascination, ils confrontent leurs idées sur la religion, le mariage et la vie. Écrit et réalisé par Eric Rohmer, le long-métrage reçut le Prix Méliès et fut nominé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la 42e cérémonie des Oscars. 

"Z" (1969)

1969 est une année de gloire et de succès pour Jean-Louis Trintignant. Il obtient le premier rôle du nouveau film du réalisateur franco-grec Costa-Gavras : Z. Dans la peau d’un juge d’instruction, l’acteur français mène l’enquête sur l’assassinat d’un député progressiste, assassiné dans un pays méditerranéen.

Doué d'une autorité naturelle, Jean-Louis Trintignant interprète, sans élever la voix, ce magistrat aux prises avec les débuts du fascisme que le réalisateur grec Costa Gavras cherche à dénoncer. "On dit toujours que les comédiens ne doivent pas faire de la politique. Mais il faut en faire, on en fait trop peu", explique l'acteur à la sortie du film réquisitoire. "Je suis ravi de m'engager dans un film politique". 

Lors du festival de Cannes, ce film très engagé obtient le prix du jury et Jean-Louis Trintignant reçoit le prix d’interprétation masculine. Une année plus tard, Z est récompensé de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère ainsi que le Golden Globe du meilleur film étranger. Une porte d’entrée vers les Etats-Unis pour Trintignant.

"Le Conformiste" (1970)

Jean-Louis Trintignant adhère aux films politiques des années 70 qui s’imposent en Europe. Avec les films de Costa-Gavras (Z), Le Conformiste de Bernardo Bertolucci en 1970 en est un des plus beaux fleurons. L’acteur y incarne un homme traumatisé dans sa jeunesse qui, pour s’intégrer dans la société, rejoint la police fasciste alors en vigueur en Italie. Quand il reçoit pour mission d’assassiner un de ses anciens professeurs, tête de pont de la ligue antifasciste, il vit une histoire d'amour avec une femme interprétée par Dominique Sanda qui le remet en cause.

"Vivement dimanche" (1983)

Jean-Louis Trintignant est un anti-héros hitchcokien embarqué dans un film noir au second degré, au côté de Fanny Ardant. En 1983, Vivement dimanche est un rare film de genre de François Truffaut, plus un hommage à un cinéma qu’il aime que polar véritable. Le noir et blanc renvoie au thriller des années 40-50 et Jean-Louis Trintignant incarne une sorte de séducteur malgré lui qui se mariera à la fin, alors que les morts s’amoncèlent autour de lui. Ironique.

"Amour" (2012)

La passion et l’amour dominent la filmographie de Jean-Louis Trintignant. Réalisé par le cinéaste autrichien Michael Haneke, Palme d’or à Cannes en 2012, Amour voit la fin d’un couple de personnes âgées, où Jean-Louis Trintignant assiste jusqu’à la mort son épouse, qu’interprète Emmanuelle Riva. Les deux acteurs recevront une Mention spéciale lors du palmarès cannois, et le film connaîtra un beau succès au box-office.

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