Jean Douchet, acteur, critique de cinéma et figure des Cahiers du cinéma est mort

Si Jean Douchet filme lui aussi quelques court-métrages, c'est en homme de paroles qu'il va se révéler, grâce aux milliers de films analysés dans des ciné-clubs.

Le critique de cinéma Jean Douchet en septembre 2010 à la Cinémathèque Française, à Paris 
Le critique de cinéma Jean Douchet en septembre 2010 à la Cinémathèque Française, à Paris  (FRED DUFOUR / AFP)

Le critique de cinéma Jean Douchet, dont le nom est indissociable de la Nouvelle vague et des Cahiers du cinéma et qui a transmis la passion du 7e art à des générations formées dans les ciné-clubs, est décédé à 90 ans, a annoncé vendredi 22 novembre la Cinémathèque française.

Une vague de réactions 

"La Cinémathèque a l'immense tristesse d'annoncer la mort de Jean Douchet. Compagnon de la Nouvelle Vague, immense critique de cinéma, réalisateur et acteur, il était aussi notre ami fidèle. Il fut, avec son ciné-club, un infatigable passeur de films", a écrit l'institution sur Twitter.

L'annonce de ce décès a suscité une vague de réactions dans le 7e art, du cinéaste Xavier Beauvois qui a mis en ligne sur les réseaux sociaux plusieurs photos de Douchet, sorte de père spirituel pour lui, aux Cahiers du cinéma, en passant par le réalisateur François Ozon.

Jean Douchet était "depuis la fin des années 50" (...) un compagnon des Cahiers durant plus de soixante ans. Sa mort laisse beaucoup d'entre nous, critiques actuels et anciens, orphelins", a souligné la célèbre revue.

A Lyon, l'Institut Lumière a tweeté "tristesse ce matin, joie pour la vie et gratitude pour toujours", avec une photo de cette figure de la critique, également acteur et réalisateur.

Compagnon des Cahiers durant 60 ans 

Surnommé le "Socrate du cinéma", Jean Douchet est né en 1929 à Arras (Pas-de-Calais). Il suit des études de philosophie à la Sorbonne et, dès 1950, il écrit dans la Gazette du cinéma avant de devenir critique aux Cahiers du cinéma, en 1957, revue qui défend alors le cinéma d'auteur hollywoodien (notamment Hitchcock sur lequel il écrira un livre de référence). C'est à cette époque que Godard, Chabrol, Truffaut et Rivette passent à la réalisation, lançant la Nouvelle vague qui va laisser une empreinte indélébile dans le cinéma.

Si Douchet filme lui aussi quelques court-métrages, c'est en homme de paroles qu'il va se révéler, grâce aux milliers de films analysés dans des ciné-clubs. "J'ai très vite orienté mon activité sur l'oralité. (...) C'est la transmission qui compte et la répercussion qu'elle a chez les autres", disait-il il y a deux ans à La Croix.

En 1973 et en 1977, il joue dans deux films de Jean Eustache. Il enseigne pendant plusieurs années l'analyse de films à l'IDHEC, devenue ensuite la Fémis. Parmi ses étudiants, certains, comme François Ozon ou Xavier Beauvois, lui donneront de petits rôles.

En 1982, il devient administrateur de la Cinémathèque française où il a animé un ciné-club de décryptage des images. Il prolongera également cette activité dans des ciné-clubs de province et à l'étranger. Il est aussi l'auteur de documentaires sur le cinéma pour la télévision.