Cannes 2019 : "Sybil", coup de projecteur sur les studios lyonnais au festival

Virginie Efira fait partie des favorites pour le Prix d'nterprétation féminine à Cannes pour son rôle dans "Sybil" de Justine Triet, un film tourné en partie dans les studios du Pôle Pixel à Villeurbanne, près de Lyon.

Virginie Efira dans \"Sybil\" de Justine Triet.
Virginie Efira dans "Sybil" de Justine Triet. (Cédric Sartore)

On connaîtra dans quelques heures le palmarès du Festival de Cannes 2019. Sélectionné en compétition officielle, Sybil, le nouveau film de Justine Triet fait partie des favoris notamment pour le Prix d'interprétation féminine, le nom de Virginie Efira étant cité dans les pronostics.

Pour sa deuxième collaboration avec Justine Triet (la première, c'était pour Victoria en 2016), l'actrice belge incarne une romancière devenue psychanalyste qui décide de reprendre l'écriture en s'inspirant de la vie d'une comédienne (Adèle Exarchopoulos).

Un bon exemple de ce qu'on peut faire en studio

Rien ne le laisse supposer, mais toutes les scènes intérieures, dont celles dans le cabinet de consultation, ont été tournées dans le studio Lumière 1 du Pôle Pixel de Villeurbanne, tout près de Lyon. Créé en 2009, cet espace de 800 m² a été occupé durant deux mois pour les besoins du film.

Sur ce film, on a complètement construit le cabinet de psy. Il y avait une histoire de confinement, de silence d'écoute qui était propre à ce qu'on pouvait faire en studio.Serge Tachon - Directeur des studios

Pour Serge Tachon, "Sybil est un bon exemple de ce qu'on peut faire en studio. L'immense avantage quand on tourne en studio, c'est qu'on peut s'affranchir de la réalité. On part d'une feuille blanche [ndlr : le studio vide] et on voit exactement se construire ce qu'on souhaite."

Adèle Exarchopoulos dans \"Sybil\" de Justine Triet.
Adèle Exarchopoulos dans "Sybil" de Justine Triet. (Les Films Pelléas)

Multiplier les possibilités de tournage

Créé en 2002 à Villeurbanne, le Pôle Pixel regroupe des entreprises de l'image, du son et des industries créatives. Il y a dix ans, deux nouveaux studios de tournage baptisés Lumière 1 et Lumière 2 ont été inaugurés. Depuis, ils ont accueilli 17 films de cinéma (Ma vie de Courgette, Les Lyonnais, Noir océan...) et quatre séries dont Kaamelott. Il y a deux mois, Alexandre Astier a terminé le tournage de la version cinéma de la célèbre série (sortie sur les écrans le 14 octobre 2019).

L'existence de ces studios de tournage est un gros atout pour Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, la structure chargée d'attirer et d'organiser les tournages dans la région.

Ça permet de tourner des scènes dans des décors qui reproduisent une prison, un commissariat ou un hôpital. Des endroits où c'est souvent compliqué de tourner"Grégory Faes - Directeur Auvergne-Rhône-Alpes CinémaEt d'ajouter : "Si on n'a pas cette offre, on passe à côté d'un ensemble de propositions de cinéma et de télévision."

4 films présents à Cannes

 Des propositions qui n'ont pas manqué. Il suffit de regarder les différentes sélections du Festival de Cannes. Quatre films coproduits par Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, tournés dans la région, sont présents cette année.

Outre Sybil, on trouve Alice et le maire, deuxième long-métrage de Nicolas Pariser avec Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier (entièrement tourné à Lyon). Le film est en sélection à la Quinzaine des réalisateurs tout comme Les Particules de Blaise Harrison. Quant à J'ai perdu mon corps, premier long-métrage d'animation de Jérémy Clapin (fabriqué en partie à Xilam Studio au Pôle Pixel), il est en sélection à la Semaine de la critique.