Cannes 2019 : "Portrait de la jeune fille en feu" de Céline Sciamma, entre création et passion

Céline Sciamma, révélée à Un certain regard en 2007 avec "La Naissance des pieuvres", a remporté le prix du scénario à Cannes avec "Portrait de la jeune fille en feu", où peinture et passion amoureuse s’entremêlent.

Noémie Merlant et Adèle Haenel dans \"Portrait de la jeune fille en feu\" de Céline Sciamma.
Noémie Merlant et Adèle Haenel dans "Portrait de la jeune fille en feu" de Céline Sciamma. (Pyramide Distribution)

Projeté au milieu de la compétition, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciama était attendu, suite au bel accueil qu’avait reçu La Naissance des pieuvres à Un certain regard et aux beaux succès critique et public de Tomboy et Bande de filles.
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Portrait de la jeune fille en feu, film en costumes situé au XVIIIe siècle, traite le sujet rare d’une femme peintre, indépendante et farouche, qui réveille le désir au modèle dont elle doit faire le portrait. Ambitieux et subtile. Céline Sciama, auteure du script original, a reçu le prix du Scénario au Festival de Cannes.

Rencontre de deux solitudes

En 1770, Marianne (Noémie Merlant) débarque sur une île bretonne à l’appel d’une riche propriétaire (Valeria Golino) qui lui a commandé le portrait de sa fille Héloïse (Adèle Haenel), fraîchement sortie du couvent, pour l’envoyer à son futur mari. Réfractaire à ce mariage, elle refuse de poser. Marianne doit se faire passer pour sa dame de compagnie et mémoriser sa beauté et ses gestes pour la peindre. Bientôt, des liens plus intimes se nouent entre les deux jeunes femmes.

Cette femme peintre qu’interprète avec fièvre Noémie Merlant est-elle l’alter ego de la réalisatrice Cécile Sciamma ? Recevant le prix du scénario à Cannes, elle a déclaré que cette écriture l’avait "ramenée à (sa) solitude originelle, dont (elle s’est) échappée par le travail en équipe qu’oblige le cinéma, avec le regard des collaborateurs, des autres sur soi". C’est un peu ce qui arrive à Marianne et Héloïse.

Beau prix du scénario à Cannes

Toutes deux solitaires - l’une par son statut de femme artiste, très rare au XVIIIe siècle, l’autre par sa sortie récente du couvent -, découvrent l’amitié, puis l’amour. Une passion dévorante qui va les consumer, puis les frustrer, en raison des engagements matrimoniaux convenus par la mère d’Héloïse.

L\'actrice Française Noémie Merlant dans le film de Céline Sciamma Portrait de la jeune fille en feu.
L'actrice Française Noémie Merlant dans le film de Céline Sciamma Portrait de la jeune fille en feu. (Pyramide Distribution)

Le prix du scénario remis à Céline Schiamma est sans doute le plus approprié à son beau film, par ailleurs maîtrisé dans une mise en scène sobre et minimaliste. La première partie joue du mystère avec cette Héloïse qui refuse de poser devant cette femme artiste, héritière d’une Artemisia, la première femme peintre reconnue, élève du Caravage. Même si leur amour est attendu, le romanesque passionnel du film fonctionne grâce à Noémie Merlant et Adèle Haenel convaincantes et investies dans leurs rôles. 

La fiche

Genre : Drame historique
Réalisateur : Céline Sciamma
Acteurs :  Noémie Merlant, Adèle Haenel, Valeria Golino, Luàna Bajrami, 
Pays : France
Durée : 2h00
Sortie : 18 septembre 2019
Distributeur : Pyramide Distribution
Synopsis
 : 1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.