"Emma Bovary" sur France 2 : une adaptation romantique du roman de Flaubert

Le film "Emma Bovary", adaptation du roman "Madame Bovary" de Gustave Flaubert, sera diffusé le 13 décembre sur France 2. Les productrices de ce long métrage se sont confiées à franceinfo Culture.. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Camille Métayer (Emma Bovary) et Thierry Godard (Charles Bovary).  (Gilles Gustine/FTV/Barjac Produc)

C'est un détail qui en dit beaucoup. La nouvelle adaptation télévisuelle de l'œuvre littéraire de Flaubert Madame Bovary, qui sera diffusée sur France 2 le 13 décembre, s'intitule Emma Bovary. Le choix d'accoler le prénom de la protagoniste au nom de Bovary plutôt que le "Madame" initial, symbolise le parti pris des productrices. Ce téléfilm explore les états d'âme de l'héroïne, en se détachant du réalisme très pointu de l'écrivain du 19e siècle. "Nous avons imaginé un film romantique, au sens originel du mouvement littéraire du 19e siècle, qui se nourrissait d’histoires humaines, à la fois belles et tragiques", confient Marie Dupuy d'Angeac et Laurence Bachman, inteviewées par Franceinfo. 

Le film n'est pourtant pas à l'eau de rose. Le fil narratif choisi par le réalisateur Didier Bivel est le procès de Flaubert en 1857. Dès sa parution, cette année-là, le roman Madame Bovary est attaqué par Ernest Pinard, procureur du Second empire, pour outrage à la morale publique, aux bonnes mœurs et à la morale religieuse. Tout au long de l'histoire, le réalisateur construit un aller-retour permanent entre la plaidoirie et les aventures d'Emma Bovary, jouée par l'actrice Camille Métayer. C'est Thierry Godard qui incarne son mari, le médecin Charles Bovary. Grégory Fitoussi est Rodolphe Boulanger, premier amant d'Emma, et le clerc Léon Dupuis, le second amant, est interprété par Julien de Saint-Jean. 

L'acteur Grégory Fitoussi interprète Rodolphe et Camille Métayer est Emma Bovary.  (©Stephane Grangier)

Rendre Madame Bovary accessible à un jeune public

Le roman de Flaubert, réputé difficile à adapter à l'écran, avait déjà fait l'objet de nombreux films, dont celui de Claude Chabrol en 1991. Les productrices ont voulu une version différente. "On n'a pas modernisé le roman pour le simple fait de le moderniser. On a fait ce choix pour que Madame Bovary soit plus intelligible pour le public", explique Laurence Bachman. 

Le téléfilm explore à fond, avec moins de noirceur que dans le livre, l'ennui d'Emma et ses aspirations à une vie plus passionnante. "Il y a toujours des femmes qui s'ennuient dans leur mariage. Des femmes malheureuses qui n'ont pas pu divorcer. Cela a concerné toute une génération et concerne encore des femmes aujourd'hui", remarque Marie Dupuy d'Angeac. Pour sa comparse, le film est  bien ancré dans le présent avec la question de la condition des femmes. "Le statut social des femmes est bien sûr très différent de l'époque de Flaubert pour des choses comme la sexualité, mais il reste des inégalités comme dans le monde du travail", glisse Laurence Bachman. 

La scène du bal est d'une grande importance dans le roman de Flaubert.  (Gilles Gustine/FTV/Barjac Produc)

"Sa quête d'amour absolu parle à toutes les jeunes filles"

La relecture d'une œuvre littéraire majeure est toujours intéressante pour connaître les enjeux qui secouent une société. En 2021, la frilosité du Second empire sur les questions de mœurs semble très rétrograde et lointaine. Mais si l'on creuse un peu, les femmes d'aujourd'hui qui nouent plusieurs relations amoureuses ou sexuelles sont encore parfois jugées comme des "filles faciles" aux yeux de certains. 

"On ne voulait pas que ce soit seulement un film du passé. On voulait qu'Emma Bovary puisse parler à toutes les générations", dit Laurence Bachman. "On a pris une jeune actrice (Camille Métayer) de l'âge de l'héroïne dans le livre. Sa quête d'amour absolu parle à toutes les jeunes filles. De manière générale, les jeunes sont en quête d'absolu. On a aussi choisi une comédienne peu connue parmi plein d'autres. On voulait que le casting parle à tout le monde", complète Marie Dupuy d'Angeac. 

À l'écran, le film de Didier Bivel se révèle très accessible et assez court (1h42). L'univers réaliste de Flaubert est moins respecté que dans l'adaptation de Claude Chabrol (2h23), l'intrigue est un peu moins fouillée, mais la narration est plus rythmée. Dans les canons de ce qui se fait actuellement sur les plateformes de streaming. "Chabrol avait fait quelque chose de plus sociologique. Notre adaptation est plus romanesque", estime Laurence Bachman. 

Emma Bovary sera diffusé le 13 décembre à 21h05 sur France 2. 

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