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Décès de Jean-Claude Brisseau, le cinéaste de "Noce Blanche"

Réalisateur notamment de "Noce blanche" avec Vanessa Paradis, cette personnalité controversée du cinéma français avait été condamnée pour harcèlement sexuel en 2005.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Le cinéaste Jean-Claude Brisseau le 1er décembre 2012 au 27e festival international du film à Belfort, en Franche-Comté (SIMON DAVAL / MAXPPP)

Le cinéaste Jean-Claude Brisseau, auteur de films comme "Noce Blanche", devenu une personnalité à l'aura sulfureuse après des affaires de harcèlement sexuel, est décédé le 11 mai à Paris à l'âge de 74 ans. Le réalisateur et scénariste est mort dans un hôpital des suites d'une longue maladie, a-t-on appris auprès de son entourage.

Condamné en 2005 pour harcèlement sexuel, il avait été rattrapé par le mouvement #metoo, la Cinémathèque annulant fin 2017 la rétrospective qu'elle devait lui consacrer.

"Noce Blanche" avec la jeune Vanessa Paradis

Son film "Noce Blanche", sorti en 1989, restera son plus grand succès (plus d'1,8 million d'entrées). Il y fit tourner pour la première fois la toute jeune Vanessa Paradis qui obtint le César du meilleur espoir féminin pour ce drame, l'histoire d'une liaison entre une lycéenne et un professeur (incarné par Bruno Cremer). La chanteuse en a gardé un souvenir net. "Jean-Claude Brisseau était extrêmement particulier. Très grand, très autoritaire, avec cette voix grave", raconte-t-elle au Monde de dimanche. "Peut-être que Brisseau essayait aussi d'aller au conflit pour me sortir de ma zone de confort, pour obtenir certaines émotions. Il me disait constamment : Je ne veux pas que tu minaudes".

"L'Ange noir" avec Sylvie Vartan

Le réalisateur enrôla plus tard une autre idole des jeunes, Sylvie Vartan, à qui il confia en 1994 un rôle dramatique dans "L'Ange noir". Samedi 11 mai la chanteuse s'est dite "très attristée par cette nouvelle". "Je n'ai gardé que de bons souvenirs de notre collaboration dans L'Ange noir", a dit Sylvie Vartan à l'AFP. "C'est une expérience artistique que je garderai toujours comme un merveilleux souvenir. J'ai adoré travailler avec lui. Mes pensées vont vers son épouse Lisa".

Prix spécial de la jeunesse au Festival de Cannes 

En 1988 "De Bruit et de Fureur" fut un autre film choc, toujours avec le fidèle Bruno Cremer, sur la banlieue cette fois et sa violence. Il lui vaudra le Prix spécial de la jeunesse au Festival de Cannes. La banlieue, Brisseau la connaissait puisque celui qui se présentait comme "le fils d'une femme de ménage ayant vécu dans un rêve de cinéma", commença d'abord par enseigner le français en collège, près de Paris.

Dans les années 70 il rejoint l'Institut national de l'audiovisuel (INA), et passe de cinéaste amateur à professionnel avec un premier film d'abord prévu pour la télévision, "La vie comme ça". Eric Rohmer repère un de ses films d'amateur et sa société, le Losange, décide de le produire. Les films s'enchaînent. Avec "De bruit et de fureur", "on a cru qu'il était un grand poète de la banlieue, c'était plus compliqué : son sujet c'était cette recherche de pureté dans la violence du monde", dit à l'AFP Philippe Rouyer, historien du cinéma, pour qui il laissera "une trace unique dans l'histoire du cinéma".

Ses thèmes récurrents : la femme, la violence, la pureté, la quête d'absolu, la transmission du savoir. "Il osait un lyrisme extraordinaire, c'était inédit dans le cinéma", poursuit le critique. "C'était un autodidacte, d'une grande culture littéraire et cinématographique. Il a donné des cours à la Femis pendant longtemps et il était adoré de ses élèves : il savait vous parler de Ford, d'Hitchcock, de Bresson, et c'était communicatif".

Une affaire de harcèlement sexuel en 2005

En 2005, Jean-Claude Brisseau est condamné à un an de prison avec sursis pour le harcèlement sexuel de deux jeunes actrices qui espéraient décrocher un premier rôle dans son long-métrage "Choses secrètes" (2002). Ses démelés ne l'empêchent pas de tourner. En 2012 "La Fille de nulle part" lui vaut le "Pardo d'oro" (Léopard d'Or) du Festival du film de Locarno. "Que le diable nous emporte" est son dernier film, sorti début 2018, avec Fabienne Babe.

Mais "ça a pourri la fin de sa vie, la sortie de son dernier film, il a payé pour tout le monde, c'est devenu une sorte d'exemple", regrette Philippe Rouyer. Dans Paris-Match, en 2018, l'intéressé déplorait de ne plus pouvoir tourner avec des vedettes. "Enfin, j'espère que j'arriverai à tourner à nouveau", disait-il.

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