"Cherchez la femme", de Sou Abadi : "J’ai envie que le public passe un bon moment, qu’il rie, et ensuite, qu'il réfléchisse"

"Cherchez la femme", de la réalisatrice franco-iranienne Sou Abadi, sort en salles mercredi. Un film qui prend le parti de l’humour pour parler de la radicalisation, sans aucune arrière-pensée islamophobe.

Sou Abadi, réalisatrice de \"Cherchez la femme\", entourée des comédiens Félix Moati et Camélia Jordana.
Sou Abadi, réalisatrice de "Cherchez la femme", entourée des comédiens Félix Moati et Camélia Jordana. (MAXPPP)

Faire une comédie sur l'islam radical, il fallait oser... Cherchez la femme sort en salle mercredi 28 juin : l'exercice est terriblement casse gueule mais Sou Abadi est gonflée, elle a du talent, de bonnes intentions et évite les clichés. Entre Feydau, Marivaux et Certains l'aiment chaud, la réalisatrice franco-iranienne joue avec les codes de l'humour.

Partie d'Iran avec ses parents quand les mollahs sont arrivés au pouvoir, elle sait la force du rire contre l'obscurantisme. "Le peuple iranien tient grâce à l’humour et grâce aux blagues. J’ai envie que le public passe un bon moment, qu’il rie, et ensuite, en sortant, qu’il réfléchisse aussi", explique-t-elle.

"Loin de nous l’idée d’aller se moquer de la religion, au contraire"

Dans le film, Camélia Jordana interprète Leïla, une brillante étudiante que son frère Mahmoud, de retour du Yémen où il s’est radicalisé, veut mettre au pas. Son fiancé Armand va alors se cacher sous un voile intégral pour la libérer de cet islam radical. 

"Beaucoup de gens, à la sortie de la bande-annonce, n’ont pas compris. J’espère qu’ils vont avoir l’audace d’aller voir le film en salle et ils comprendront qu’à aucun moment c’est un film islamophobe, bien au contraire", explique l'actrice de 24 ans à franceinfo. "On a tous beaucoup trop de respect. Moi-même j’ai grandi dans le culte musulman, Sou a grandi en Iran et a quitté la République islamique à 15 ans, Félix (Armand) parle l’arabe couramment, William (Mahmoud) est d’origine algérienne, on est tous concerné par l’islam. Donc loin de nous l’idée d’aller se moquer de la religion, de la foi, des gens pieux. Ce n’est pas du tout l’idée, au contraire. Le fil rouge du film c’est vraiment de dire aux gens : ‘Si vous ouvrez des bouquins et que vous ouvrez le Coran, vous vous rendrez compte que tout va bien des deux côtés en fait’".

Le reportage de Thierry Fiorile
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