Tribune pour réformer l'Académie des César : "Je n’ai pas envie de collaborer à un système qui exclut", affirme l'actrice Marina Foïs

L'actrice est l'une des signataires de la tribune contre le fonctionnement de l'Académie des César.

Marina Foïs lors de la soirée des révélations pour les César 2020 au Petit Palais à Paris, le 13 janvier 2020.
Marina Foïs lors de la soirée des révélations pour les César 2020 au Petit Palais à Paris, le 13 janvier 2020. (FRED DUGIT / MAXPPP)

Environ 400 professionnels et personnalités du cinéma ont signé une tribune,  publié lundi 10 février sur le site internet du journal Le Monde, contre le fonctionnement de l'Académie des César, réclamant une réforme en profondeur. "Je n’ai pas envie de collaborer à un système qui exclut", a réagi sur franceinfo l'actrice Marina Foïs, l'une des signataires de cette tribune. "L’Académie fonctionne sans consulter sa base et au fond elle n’est plus du tout représentative ni de notre diversité, ni de notre pluralité, ni de nos contradictions internes", a-t-elle regretté.

Franceinfo : Qu’est-ce qui ne va pas dans l’Académie des César selon vous ?

Marina Foïs : Le point de départ, c’est que tous les ans est organisée une soirée en l’honneur des révélations du cinéma français. Nous avons appris que l'acteur Jean-Christophe Folly a exprimé son désir d’être marrainé par Virginie Despentes et que cela lui a été refusé de manière totalement arbitraire par l’Académie, sans donner explication. C'est une manière de faire qui ne nous convient pas, qui ne nous représente absolument pas. Je n’ai pas envie de collaborer à un système qui exclut, dans lequel il y a des désirables et des indésirables à des motifs qui ne seront jamais les miens. Le choix du parrain exprime la direction artistique, le désir artistique d’un jeune acteur. Je ne vois pas en quoi on a à intervenir dans ce choix. Alain Terzian [le président de l'Académie des César] et l’Académie se sont excusés mais n’ont pas donné d’explication. L’Académie fonctionne sans consulter sa base et au fond elle n’est plus du tout représentative ni de notre diversité, ni de notre pluralité, ni de nos contradictions internes.

Vous dénoncez une opacité. Que concerne-t-elle ?

Les comptes étaient accessibles avant sur le site, maintenant on ne peut plus avoir accès à ces informations-là. L’Académie a 4 700 votants qui sont soient votants de fait parce qu’ils ont été nommés une fois aux César, ou alors il faut avoir fait quatre ou cinq films dans les deux années qui précèdent et être parrainé par deux personnes. Mais on n'a pas accès à cette liste et c’est l'un des problèmes. On demande que cette Académie représente le monde du cinéma français qui est internationalement admiré et respecté. Il faut que soient visibles tous les gens qui font ce cinéma-là qui est admiré partout.

Le président de l’Académie des César, Alain Terzian appelle à un apaisement pour que la 45e cérémonie des César se déroule sans encombre. Quelle est votre réaction ?

La cérémonie des César n’est pas du tout mise en danger par le fait qu’on remette en question le fonctionnement. Le fait qu’on écrive ce texte, que des centaines de gens qui font du cinéma le signent, cela prouve l’attachement aux César et l’amour du cinéma. Sinon, il y aurait une manière très simple que de ne plus payer sa cotisation, de ne plus voter et de s’en foutre. Il n’est pas question de boycott. Parmi les nommés, il y a plein de signataires : Chiara Mastroianni, Karine Viard, Noémie Merlant ou Roschdy Zem. On peut être à l’intérieur et demander une discussion. Une discussion, ça ne veut pas dire être contre, mais vouloir un changement, une évolution positive. Dans un monde idéal, les institutions vont plus vite que la société, précèdent les désirs et anticipent sur les problèmes.