L'Académie des César s'apprête à rénover ses statuts, cinq mois après son implosion

L'Académie des César va voter jeudi de nouveaux statuts qui doivent être plus démocratiques, paritaires et respecter la diversité. C'est un moment clé pour cette institution en crise depuis février.

Un César, photographié à la fonderie de Bocquel, le 27 janvier 2013 à Breaute. 
Un César, photographié à la fonderie de Bocquel, le 27 janvier 2013 à Breaute.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Cinq mois après une crise inédite dans le cinéma français, l'Académie des César espère tourner la page en votant jeudi 9 juillet de nouveaux statuts censés être plus démocratiques, respecter la parité et refléter davantage la diversité. Accusée d'opacité et d'entre-soi par de nombreuses personnalités du 7e art, la direction de l'Académie qui organise la cérémonie de remise des récompenses les plus prestigieuses du cinéma français avait démissionné en bloc mi-février, après plusieurs semaines de crise ouverte.

"Plus de diversité, plus de parité, et plus de démocratie"

Jeudi 9 juillet, les César doivent adopter de nouveaux statuts, répondant aux critiques en offrant "plus de diversité, plus de parité, et plus de démocratie", a expliqué à l'AFP la présidente par intérim, la productrice Margaret Menegoz, confirmant une information du Figaro. Outre un système de vote permettant de mieux respecter la parité, ces nouveaux statuts visent à impliquer davantage l'ensemble des 4 600 professionnels du cinéma membres de l'Académie aux décisions de l'association qui gère les César.  

L'étape est indispensable pour espérer pouvoir tenir dans les temps une cérémonie l'année prochaine, ainsi que d'autres évènements organisés par l'Académie des arts et techniques du cinéma, le nom officiel de cet organisme. Deux projets concurrents doivent être soumis au vote de la quarantaine de membres de la direction démissionnaire. L'un est l'aboutissement du travail mené par le Centre national du cinéma (CNC) à la demande du ministère de la Culture et de l'Académie, l'autre émane plutôt de l'équipe sortante. Mais tous deux sont "assez proches", selon Margaret Menegoz.

D'après le Figaro, le projet du CNC, qui sert de médiateur, n'a pas forcément été bien reçu par les "quarantes-cinq", les membres de l'équipe démissionnaire. Certains s'opposeraient toujours à la parité et d'autres auraient mal pris le fait de ne pas avoir été consultés pour ce projet. Pour calmer les esprits, le CNC a invité l'équipe sortante à une réunion pédagogique le 8 juin. Il n'est donc pas certain que le texte soit adopté ce jeudi 9 juillet. Si il l'est, les 4600 membres de l'Académie pourra élire un conseil d'administration de 40 personnes dont la moitié devra être des femmes. 

Election d'un nouveau président en septembre 

"Beaucoup (de votants) seront là car ils tiennent à l'avenir de leur organisation, les César", espère la présidente par intérim. Les débats, qui se tiendront dans les locaux du CNC, pourraient être longs, une majorité des deux-tiers étant requise. L'étape suivante pour les César sera d'élire un nouveau ou une nouvelle présidente, probablement en septembre, pour prendre le relais de Margaret Menegoz. En pleine crise, elle avait succédé au producteur Alain Terzian, dont la gouvernance était décriée après 17 ans aux commandes.

La 45e cérémonie des César, organisée deux semaines après la démission en bloc de la direction de l'Académie, s'était déroulée dans un contexte de grande tension, marquée par des manifestations féministes et le départ de la salle de l'actrice Adèle Haenel quand Roman Polanski, visé par des accusations de viols, s'est vu attribuer en son absence le prix de la meilleure réalisation.