Démission de la direction des César : "L'Académie a des comptes à rendre aux femmes", estime une membre du collectif féministe La Barbe

Alix Béranger estime que "maintenant, les féministes vont être particulièrement attentives" aux changements qui vont être mis en place au sein de l'Académie "parce qu'il y a beaucoup à faire".

La 35e cérémonie des César du cinéma français, le 27 février 2010 au théâtre du Châtelet à Paris (photo d\'illustration).
La 35e cérémonie des César du cinéma français, le 27 février 2010 au théâtre du Châtelet à Paris (photo d'illustration). (PATRICK KOVARIK / AFP)

Alix Béranger, cofondatrice et membre du collectif féministe La Barbe, "se réjouit" sur franceinfo, jeudi 13 février, de la démission collective de la direction de l'Académie des César. Elle dit y voir "une amorce de changement" et prévient que "maintenant, les féministes vont être particulièrement attentives à la profondeur de ces changements parce qu'il y a beaucoup à faire". "L'Académie des César a des comptes à rendre aux femmes et le changement doit être radical", réclame-t-elle.

"Des mesures à mettre en place"

À moins de 15 jours de la cérémonie annuelle, l'Association pour la Promotion du Cinéma assure dans un communiqué prendre cette décision à l'unanimité pour "retrouver la sérénité" et permettre "des modifications des statuts fondateurs" et "des mesures de modernisation". Alix Béranger, cofondatrice de La Barbe propose ainsi quelques mesures, faisant référence à la récente polémique autour des 12 nominations du film J'accuse de Roman Polanski, accusé d'agressions sexuelles. Parmi les suggestions de la militante féministe : "ne pas admettre d'agresseur sexuel et de violeur parmi ses membres, puisque Roman Polanski fait partie de cette association ; ne pas admettre parmi les candidats à un prix qui est prestigieux des agresseurs condamnés comme ça a été le cas pour Roman Polanski aux États-Unis". "Il y a d'autres mesures à mettre en place, comme respecter les victimes de violences, choisir d'entendre ces victimes plutôt que de mettre à l'honneur et d'encenser leurs agresseurs", ajoute-t-elle.

Le collectif La Barbe appelle toujours à un rassemblement devant la salle Pleyel, le jour de la cérémonie des César, le 28 février. Dans son viseur, le manque de parité de l'académie selon Alix Béranger : "Cette année les César ont choisi de nommer plus de 87% d'hommes dans la catégorie meilleure réalisation et cela ne peut plus durer non plus".