"Je trouve ça d'une violence inouïe" : Catherine Deneuve défend Roman Polanski et Woody Allen

L'actrice française, actuellement à la Mostra de Venise, s'en prend aux féministes et défend les deux cinéastes accusés de viol dans un entretien avec l'AFP.

L\'actrice Catherine Deneuve à la Mostra de Venise, en Italie, le 28 août 2019. 
L'actrice Catherine Deneuve à la Mostra de Venise, en Italie, le 28 août 2019.  (LUCA CARLINO / NURPHOTO / AFP)

Une polémique sur la présence en compétition du dernier film de Roman Polanski, J'accuse, sur l'Affaire Dreyfus, dont la projection officielle aura lieu vendredi soir, agite cette année la Mostra de Venise. Catherine Deneuve, présente au festival qu'elle a ouvert mercredi dans le rôle d'"une actrice très excessive" dans La Vérité du Japonais Hirokazu Kore-eda, a profité d'un entretien accordé avec l'AFP pour prendre la défense du cinéaste franco-polonais.

Comme elle l'a déjà fait par le passé, la star n'hésite pas à s'indigner des critiques des féministes à l'encontre de la présence en sélection de Roman Polanski, accusé du viol en 1977 d'une adolescente de 13 ans.

Je trouve ça d'une violence inouïe, et je trouve ça totalement excessifCatherine Deneuveà l'AFP

"Le temps a passé", plaide-t-elle encore au sujet du réalisateur de 86 ans, avec qui elle avait tourné en 1965 dans Répulsion, estimant également que "la plupart des gens ne connaissent pas la réalité de la façon dont les choses se sont passées".

L'actrice défend aussi Woody Allen

Alors qu'elle s'apprête à présider dans une semaine le Festival du film américain de Deauville, Catherine Deneuve prend aussi la défense de Woody Allen, dont le dernier film, Un jour de pluie à New York, jamais sorti en salles en raison d'anciennes accusations d'agressions sexuelles, fera l'ouverture de la manifestation normande, suscitant là aussi des critiques de féministes.

"C'est pareil, c'est incroyable", estime l'actrice, qui affirme qu'elle accepterait "bien sûr" de tourner avec le cinéaste s'il avait un projet qui lui convienne. Aux Etats-Unis, "ils ont vite fait de dire 'fini, banni', il faut quitter le pays, il faut quitter la ville, il faut quitter le cinéma", regrette l'actrice, qui avait pris aussi position à contre-courant sur le mouvement #Metoo début 2018, en signant avec une centaine de femmes une tribune défendant "une liberté d'importuner".

Elle s'était ensuite excusée auprès des "victimes d'actes odieux". Pour elle, "il faut faire la différence entre le cinéaste et la personne". "Les féministes ont quand même des oeillères", estime-t-elle.